AU FIL DES HOMELIES

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DIEU PRÉSENT DANS NOS VIES

Ph 3, 7-14 ; Jn 10, 11-18

Lundi de la quatrième semaine du temps pascal – A

(7 mai 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

otre plus grande difficulté en matière de vie chrétienne, c'est d'accepter qu'il y ait de fa­çon permanente interaction entre la vie de Dieu et notre vie quotidienne. Et la grande difficulté des gens qui sont aux marges ou au porche de l'Église ne porte pas en général sur l'existence de Dieu ou la reconnaissance même d'un Dieu bienveillant, mais sur la communion que Dieu veut avoir et vivre avec cha­cun de nous, immédiatement et en chaque instant. Et souvent nous nous contentons de nous accorder pour croire en l'existence d'un Dieu qui a envoyé son Fils, et nous professons dans la foi ce Credo, mais il est plus difficile d'accepter que cette histoire me concerne et concerne chacun des instants de ma vie.

Pour essayer de renverser un peu ces diffi­cultés, on pourrait considérer que chaque instant de la vie humaine est un carrefour, est le croisement de deux prises de conscience. Quand nous nous arrêtons devant le Seigneur pour essayer de nous mettre en accord avec Lui, le premier élément important dont il faut prendre conscience est celui que Dieu nous a précédés. Il est toujours antérieur à toute chose et si nous sommes en retard sur notre découverte, Lui était déjà là. Autrement dit, plus simplement, ce n'est pas Lui qui est absent au rendez-vous mais c'est souvent nous qui le sommes. Premier élément : Dieu est anté­rieur à tout événement humain. Il n'est jamais dépassé par ces événements humains. Il les précède absolu­ment, absolument.

Le deuxième élément, si le premier décrivait le passé, le second va de l'avant, le deuxième élément concerne notre consentement à continuer ce chemin avec Lui. Ainsi chacun de nos événements humains, heureux ou malheureux, est l'objet d'une reconnais­sance que Dieu y est présent et y était déjà présent, et un consentement à reconnaître que nous avons main­tenant à marcher avec Lui.

Vous allez me dire : une fois que ce travail est fait, il est fait pour toujours. Le malheur, c'est que nous oublions vite ce consentement ou que ce consentement s'effrite et qu'il a besoin d'être renou­velé. Chacun des événements humains a besoin à la fois de reconnaître que Dieu était présent et est tou­jours présent dans notre vie et n'y est jamais étranger et qu'il nous faut réapprendre à marcher avec Lui.

C'est ce que disait saint Paul : "Je tends tout mon être vers Dieu !" La vie chrétienne ce n'est pas de répondre point par point à un portrait type d'un homme honnête et idéal selon l'évangile, mais c'est fondamentalement d'orienter tout ce que nous som­mes, même les choses apparemment les plus profanes, les plus étrangères à Dieu, vers cette lumière de Dieu, vers cette paix de Dieu. Et notre travail notre abandon à Dieu consiste sans arrêt à réorienter tout ce que nous sommes vers Lui, à se tendre vers Lui. A l'image des molécules ou d'atomes libres dans un espace et qui ont à être réorientées dans un bon champ pour repren­dre la bonne direction. Chacun de nos instants est une occasion donnée par Dieu pour que nous nous ré­orientions vers Lui. Il nous précède, Il nous a précé­dés sur ce chemin, Il nous donne le moyen de le re­joindre.

Nous sommes entre l'annonce du Christ comme bon pasteur et du Christ comme chemin de la vérité et de la vie. Christ est bon pasteur, Il me mène, Il me conduit, Il ne m'a jamais lâché, et Il me mène vers Lui parce qu'Il est le chemin, la porte, la vérité et la vie. Guidés par le Seigneur, reconnaissant qu'Il a toujours été là, laissons-nous conduire et guider par Lui vers Lui qui est la Résurrection et la vie pour tous les hommes en ce monde.

 

 

AMEN

 

 
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