AU FIL DES HOMELIES

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PASTEUR, PORTE ET AGNEAU

Rm 8, 31-39 ; Jn 10, 1-10

Lundi de la quatrième semaine de Pâques – B

(22 avril 1991)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

L

a parole de l'Écriture, aujourd'hui, s'explique par elle-même. Comme toute parabole, on ne la comprend pas tout d'abord et Jésus en donne l'explication. Le Christ se présente comme le bon pasteur, mais aussi comme la porte puis celle de l'Agneau. Le Christ réalise en sa personne ces trois aspects, ces trois images. Il le dit Lui-même : "Je suis le bon pasteur !" A l'époque de Jésus, les brebis connaissaient effectivement la voix de leur maître car, par un claquement de langue significatif, le pasteur rassemblait ses brebis mélangées avec celles des au­tres dans l'enclos et il les faisait sortir pour les emme­ner paître dans les environs et, le soir, les ramener à la source. Aujourd'hui encore le Christ se présente pour nous comme ce bon pasteur que nous connaissons, que nous aimons et qui trouve pour notre âme, pour notre corps, la nourriture qui nous convient. Il nous mène effectivement à cette source qui nous permet de revivifier nos forces. Ces sources sont les sacrements.

Mais le Christ est aussi la porte. Il faut obli­gatoirement passer par Lui pour aller vers le Père. Il faut passer par Lui car Il est l'entrée royale, Il est le porche qui nous permet d'être avec Lui, en Lui, en union profonde. Quand nous regardons l'Église nous pouvons nous la représenter aussi comme une porte. Il ne faut pas faire les voleurs avec l'Église. Nous ne pouvons pas prendre pour nous-mêmes ce qui nous plairait et jeter le reste et puis nous enfuir une fois reçu le sacrement qui nous intéresse. Au contraire, il faut non seulement se laisser guider par le Christ, mais être dans l'Église, cet enclos qui n'a plus de li­mite puisqu'il n'a de limite que la terre et le ciel. Il faut trouver dans l'Église ce bon pâturage où le Christ nous permet d'entrer. Et le sacrement du baptême est une de ces portes d'entrée de cette vie dans le Christ qui nous est donnée pour que nous puissions effecti­vement avoir la vie en surabondance.

Mais le Christ est aussi l'Agneau. Il a réuni ainsi la totalité de ce qu'Il pouvait faire pour nous. Qu'Il soit le bon pasteur, passe ! On veut bien toujours d'un guide et l'on veut bien se laisser guider. Qu'Il soit la porte ! Il faut bien entrer quelque part, quoi que l'on fasse ! Mais qu'Il soit l'Agneau c'est-à-dire qu'Il n'a pas hésité à prendre notre condition et ainsi à attein­dre jusqu'aux profondeurs de notre humanité, c'est plus difficile à admettre. C'est pourquoi, comme le dit l'apôtre saint Paul : "Nous ne sommes plus séparés du Christ !" le Christ a en effet "tout récapitulé". Il est à la fois notre guide, et Il le peut, Il est à la fois notre entrée vers le Père, et Il le peut, tout simplement parce qu'Il a été parmi nous, dans le troupeau, cet Agneau qui s'est offert en sacrifice pour nos péchés. Il a donné sa vie afin que nous puissions vivre de sa vie.

Il a versé son sang. L'apôtre Jean dit qu'il a vu couler l'eau et le sang pour qu'Il soit la source de toutes les brebis que nous sommes. L'Église est un troupeau. On dit souvent : qu'est-ce que c'est bête comme image ! On pense toujours aux moutons de Panurge. Mais l'Église est un troupeau. Il n'y a rien de pire qu'un troupeau car le bêlement des brebis est tellement cacophonique qu'il n'a rien d'harmonieux. Et je crois que l'Église est comme cela. Il n'y a que des brebis qui bêlent comme elles veulent, comme elles peuvent mais qui savent reconnaître la voix de leur Seigneur, la voix de ce bon pasteur qui nous permet d'aller vers le Père, d'aller vers cette source éternelle qui nous donne la vie en abondance.

 

 

AMEN

 

 
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