AU FIL DES HOMELIES

Photos

LA MORT ET SA COMPLICE

2 Co 4, 8-14, Jn 10,1-10

Lundi de la quatrième semaine de Pâques – B

(15 mai 2000)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

a mort et la vie oeuvrent en nous, la mort ne demande pas notre agrément pour œuvrer en nous, la vie par contre, oui. La mort fait son travail dans l'ombre, avec son acharnement habituel, et la vie combat cette mort qui travaille également, mais la vie demande notre consentement, notre foi, notre adhésion. C'est pourquoi quand le Christ dit qu'Il donne la vie en abondance et qu'Il est la porte, Il est celui par qui l'on peut atteindre la vie. Il dira un peu plus tard qu'il est le pasteur, Il est celui qui nous guide, qui nous attire, qui ouvre les portes. Il est celui vers qui nous devons nous tourner, pour donner notre accord à la vie qui doit lutter en nous contre la mort.

La mort œuvre toujours. Elle nous rend sourds à nous-mêmes et aux autres, elle œuvre toujours en nous privant de nos sens dans notre capacité de rela­tion avec les autres, elle nous prive sans nous le dire vraiment, de notre désir relationnel, c'est toujours là qu'elle touche, c'est sa cible. Et nous trouvons, car la mort a comme complice une sorte de discours justifi­cateur, au premier abord, nous avons toujours une justification pour nous éloigner de ces relations, à accepter que ces relations soient moins vivantes, moins intenses, moins ouvertes, ça c'est l'œuvre de la mort et de sa complice qui trouve un moyen pour justifier la façon dont elle a abîmé notre ouverture à l'autre, notre ouverture à Dieu, notre ouverture à l'être.

Il faut donc que nous maintenions intact l'éventail de notre potentialité de notre relation à nous-mêmes, aux autres et à Dieu, pour que nous ayons comme acquit, car nous sommes toujours en-deçà de la moyenne, que nous avons été abîmés à notre insu et que quelque chose s'est défait sans que nous prêtions attention, parce que nous avons considéré qu'il valait mieux s'en protéger, s'en détacher, faire mourir. Cette idée que nous sommes toujours en position d'aveuglement et de surdité, dans nos relations, est une possibilité de nous ouvrir à quelque chose qui peut être donné, de nous ouvrir à la vie qui œuvrera contre la mort. Il ne faut pas considérer que la chose est stable, il y a une sorte de conflit là-dedans, en nous donnant à Dieu, en nous laissant ouvrir le cœur parce qu'Il est la porte, en nous laissant guider par Lui, nous reprenons le combat contre cette mort qui a sapé ce qui faisait notre humanité, notre relation aux autres, à nous-mêmes et à Dieu.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public