AU FIL DES HOMELIES

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PAR LA VOIX ET LA CONFIANCE

Ga 3, 22-28 ; Jn 10, 11-18

Lundi de la quatrième semaine du temps pascal – A

(22 avril 2002)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

I

l y a encore des corps de métier qui se caractéri­sent par leur panoplie, par un vêtement, par un signe distinctif. Je dirais que nous ne pouvons pas imaginer un berger sans son bâton. Ce serait comme un policier sans son sifflet à roulettes, ou que sais-je encore ! Donc, le bâton fait partie intégrante de la fonction du berger. Je ne sais pas si comme moi, vous avez eu l'occasion de voir un berger et son trou­peau, cela m'est arrivé, il y a quelques années en Pa­lestine. C'était un petit garçon et à défaut d'avoir un bâton en bois, il avait une sorte de long tuyau en plastique, assez souple, mais en même temps qui semblait faire assez mal. Et j'ai regardé ce petit gar­çon de huit, neuf ans, mener son troupeau, tout seul, un troupeau assez important. L'autre élément très im­portant pour lui, pour mener son troupeau, c'étaient des cailloux. Je ne sais pas si on peut trouver là l'ex­plication de la vélocité des petits palestiniens pour envoyer les cailloux, n'empêche que quand une brebis avait tendance à s'écarter du troupeau, lui qui était derrière le troupeau et qui voyait tout, avec un petit caillou qu'il prenait dans sa main gauche, il visait habilement, non pas la brebis, mais légèrement sur le côté, afin qu'elle revienne tranquillement, bien obéis­sante.

C'est assez bizarre de voir que dans le passage de l'évangile où le Christ dit : "Je suis le bon berger", il ne soit absolument pas question de caillou, ni même de crosse ou de bâton. Alors, comment le Christ fonde-t-il son rapport avec son troupeau, si ce n'est pas par la force et le bâton ? Il le dit : c'est par la voix, et au-delà de la voix, c'est la confiance.

Samedi dernier, j'ai eu un entretien avec un couple que je prépare au mariage, et quand je leur ai demandé ce qui était pour eux le plus important, la jeune femme m'a répondu : c'est la fidélité. Mais ce qui était intéressant, ce n'était pas uniquement la fidé­lité, dans son côté un peu restreint de se dire qu'on ne va pas voir à droite ni à gauche, on reste fidèle à son mari et à sa femme, mais c'est ce qu'ils ont développé par la suite, c'est que cette fidélité était vraiment fon­dée sur la confiance mutuelle. Je crois aussi que ce qui fait marcher le troupeau, cela peut être un bâton, effectivement, cela peut être un caillou, qu'on envoie pour rappeler à l'ordre, mais j'ai envie de dire : la vie vaut-elle d'être vécue si elle se résume à se dire qu'il faut aller tout droit sans regarder sur le côté, unique­ment par peur de la réprimande. Que vaut la vie d'un couple si la fidélité n'est vécue uniquement que sur l'honneur, ou sur le "je ne peux, pas, il ne faut pas..."

Le Christ est celui qui fonde son rapport à son Eglise, son rapport avec nous, non pas sur la répri­mande, non pas sur la peur, mais sur la voix, et la confiance et le désir, comme le disait ce couple, de voir celui qu'on aime grandir, et s'épanouir.

Frères et sœurs, rendons grâces à Dieu quand dans nos vies, nous savons être avec l'autre, serviteurs de sa liberté, de sa grandeur et de son épanouisse­ment.

 

AMEN

 

 

 
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