AU FIL DES HOMELIES

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JE SUIS LA PORTE

Ph 3, 7-14 ; Jn 10,1-10

Mercredi de la quatrième semaine de Pâques – B

(27 avril 1994)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

J

ésus a l'habitude de parler sous forme d'images pour nous faire comprendre des réalités profon­des. Il nous dit : "Je suis la Porte !" Dans la vie courante la porte a deux fonctions. La porte peut sépa­rer ou faire entrer en communication. La porte de la maison sert à préserver l'intimité de la vie de famille, elle sert aussi à se protéger de ceux qui voudraient entrer par effraction dans cette vie intime. Mais si la porte s'ouvre, elle permet le passage, l'entrée dans l'intimité de la famille. C'est pourquoi Jésus déve­loppe les deux caractéristiques à propos de cette image de la porte.

Il nous parle de la vie divine, de la vie éter­nelle, de la vie avec Dieu, de l'intimité que l'homme peut établir avec son Seigneur. Donc nous devons à la fois entrer dans l'intimité de Dieu, et participer réel­lement à cette vie de Dieu. Mais en même temps nous ne le pouvons que si nous sommes accueillis, intro­duits à travers la Porte et finalement que s'il y a "pas­sage" c'est-à-dire "Pâque". Et cela nous oblige à com­prendre, par rapport à la première lecture, que les images prises par Jésus ou la vie de foi que nous vi­vons, la réalité à laquelle nous participons dans l'Église, à travers les sacrements, tout cela est digne de ce qui se réalise effectivement pour nous dans no­tre vie.

En effet, nous allons entrer dans la commu­nion avec Dieu, dans l'intimité avec le Seigneur Jésus, par le don de son corps et de son sang, mais cette intimité ne se fait que parce que nous passons par le "signe" par le sacrement, par le symbole du pain et du vin. Que ce pain et ce vin deviennent pour nous l'ac­cès, la porte à toute la divinité. Et qu'en même temps nous pourrons y trouver tout ce qui va servir à notre vie et le principe même de ce que nous aurons à vivre dans l'éternité, la relation profonde entre Dieu et nous.

Et s'il y a la porte, s'il y a des signes, des symboles, s'il y a des choses réelles, c'est d'une part pour séparer et aussi pour unir, pour dire que, dans toute la vie humaine, il y a toujours deux libertés : ma liberté en tant qu'être humain, en tant que personne, et la liberté de Dieu, la vie de Dieu, ce qu'Il nous donne. Et il y a aussi union car ces deux vies, ces deux liber­tés, ces deux personnes sont appelées à se rencontrer.

Donc dans l'Église tout fonctionne sur ce principe de séparation et d'union, pour que nous soyons respectés dans ce que nous sommes, pour que nous puissions agir en faisant un acte de foi, nous avancer vers le pas de la porte et que cette porte soit déjà le signe même de notre passage, de notre union, de notre communion avec Dieu qui respecte notre identité, notre liberté. Toute la vie de foi, toute la vie sacramentelle ce que l'Église nous donne à travers les signes, les symboles, les gestes, les rites, c'est cette possibilité d'une part d'être vraiment nous-mêmes en étant en union dans une relation d'amour avec le Tout Autre c'est-à-dire avec Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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