AU FIL DES HOMELIES

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 ENTRE LA LOI ET L'AMOUR

Ga 3, 22-28 ; Jn 12, 44-50

Samedi de la quatrième semaine après Pâques

(8 mai 2004)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Pompéi : le boulanger

I

l faut avouer frères et sœurs, que ce sont des textes qui peuvent sembler au premier abord assez difficiles en ce jour où nous célébrons quatre premières communions. Comment articuler ce texte de saint Paul aux Galates et l'évangile ? Or, pour moi, ces textes posent une question, en écoutant ces textes et en voyant les deux plus jeunes communiants, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ceci : comment les parents peuvent-il parvenir à faire manger un enfant quand celui-ci ne veut pas manger ? Comment faire manger à un enfant, quelque chose qu'il refuse, parce que cela ne lui plaît pas ? Ce n'est pas toujours évident, et je crois que ce soit pour les enfants, ou pour nous, adultes, même si nous sommes un peu guéris de ce côté-là, il y a certaines choses que nous n'acceptons pas nécessairement de manger. D'une certaine manière, nous nous retrouvons sur le plan de cette nourriture du corps, nous nous retrouvons dans la même situation que Jésus qui essaie de nourrir spirituellement les gens qui viennent à Lui. Il y a des gens qui disent qu'ils ne veulent pas manger de cette nourriture-là, ils ne veulent pas accepter cette parole qui leur paraît insupportable et intolérable, et que leur cœur ne va pas supporter. Nous lisons il n'y a pas si longtemps, ce texte très difficile à entendre : manger ma chair, boire mon sang, cela ne va pas, on arrête les frais !

Comment faire pour réussir à obliger un enfant qui refuse de manger telle ou telle chose, sachant que l'alimentation est quand même nécessaire à l'accroissement dans tous les sens du terme de l'enfant ? De même, comment peut-Il nous donner ce qui est nécessaire pour que nous puissions grandir spirituellement ? Saint Paul, dans sa lettre aux Galates, abordait cette fameuse articulation qui pose aussi souvent problème pour nous, l'articulation entre la Loi et l'amour. Il y a un premier régime qui est le régime de la Loi, et très souvent les parents envers leurs enfants, et Dieu envers nous, fonctionnent parfois sur ce mode-là. C'est la loi, tu manges, c'est comme cela et tu ne quitteras pas la table, tant que n'auras pas terminé ta purée. L'enfance spirituelle peut être aussi de ce côté-là, que nous nous retrouvions face à Dieu avec l'impression que Dieu nous oblige à recevoir quelque chose que nous ne voulons pas.

De l'autre côté, il y a la foi, qui est d'accepter de recevoir quelque chose, ne se faisant plus sous le mode de l'obligation, mais se fera sous un mode différente, qui sera celui de l'amour et de la confiance en l'autre. Si papa et maman m'obligent à manger des épinards en boîte, même si ce n'est pas le "top", ils m'aiment, et c'est certainement bon pour moi. Dans notre vie spirituelle, cela peut aussi nous arriver, et que dans un premier temps, nous ayons l'impression de devoir subir, de devoir manger des choses dont nous n'avons pas envie. Il est bon, à ce moment-là, comme l'enfant vis-à-vis de ses parents, de penser que si le Seigneur est celui qui vient nous proclamer des paroles que je n'ai pas envie d'entendre, c'est sans doute pour me faire avancer plus loin.

Je crois, frères et sœurs, que ce qui est remarquable dans les évangiles, c'est que le Seigneur est celui qui jamais, n'oblige à manger sa nourriture. Le Seigneur ne vous a jamais obligés à venir demander à partager la table de l'eucharistie. Je crois que l'intelligence du Seigneur est plutôt de nous faire grandir dans le désir, le désir de découvrir combien est bonne et douce cette parole et la nourriture qu'Il veut donner.

C'est vrai que parfois, vous aurez peut-être l'impression que la nourriture est difficile à passer, que la célébration eucharistique dominicale ou de semaine on peut s'en passer parce qu'il y a tant d'autres choses intéressantes à faire. Mais le Seigneur sera du côté de celui qui tiendra bon, de celui qui vous aidera en clamant à temps et à contretemps, que cette nourriture que le Seigneur nous donne c'est son corps et c'est son sang. Je ne peux que vous souhaiter une bonne route, et vous assurer que le Seigneur est celui qui sera toujours à vos côtés, attentionné pour vous donner le meilleur de lui-même, sa vie éternelle.

 

AMEN

 

 

 
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