AU FIL DES HOMELIES

 POUR NOUS LES HOMMES ET POUR NOTRE SALUT

Rm 14,7-9 ; Jn 14, 1-6

(20 mai 2000)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Jusque dans les gestes humbles et quotidiens

F

 

rères et sœurs vous savez sans doute qu'un des aspects qui a le plus touche les premiers auditeurs de la Parole de Dieu au moment où les Apôtres commençaient à répandre la Bonne Nouvelle de l'évangile dans tout le bassin de la Méditerranée, l'affirmation qui a sans doute été la plus forte et la plus bouleversante, c'est celle que saint Paul nous rapporte lorsqu'il dit : "Le Christ est mort pour nous " ou encore dans d'autres textes, "pour nos péchés". La grande nouvelle du salut, c'était que Dieu avait accepté pour nous, de donner sa vie et de nous partager son salut. On peut résumer toute la foi chrétienne dans ce simple petit mot : pour. Tout ce que Dieu a fait dans notre monde, s'Il a pris chair, s'Il a partagé notre condition humaine, s'Il a connu l'angoisse de la mort, et la mort, et s'Il est ressuscité, tout cela, c'est pour nous. Vous le savez, on n'y fait pas attention parce qu'on cite cela un peu machinalement, mais quand on récite le Credo, on dit: "pour nous les hommes et pour notre salut" et ensuite, on énumère tout ce que Jésus a fait. La nouveauté du salut, la nouveauté du christianisme, la nouveauté de notre foi, ce qui fait qu'aujourd'hui encore nous sommes ici dans cette église, c'est parce que tout ce que Jésus a vécu, il l'a vécu pour nous, pour nous les hommes et pour notre salut, le Christ est mort pour nos péchés, et il est ressuscité pour nous, selon les Écritures. Or, et cela est très étonnant, la conséquence, nous venons de l'entendre dans le texte de saint Paul, quand saint Paul veut résumer toute l'expérience de sa vie, tout le sens de la vie humaine, il dit ces deux petites phrases que nous avons entendu tout à l'heure : "Nul d'entre nous ne vit pour soi-même, comme nul d'entre nous ne meurt pour soi-même, si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur".

C'est l'exacte réciprocité, si Dieu est pour nous, alors tout de nous-mêmes est pour Dieu. Si Dieu est pour nous dans sa vie, dans notre vie nous sommes pour Dieu, si Dieu est pour nous dans sa mort, nous sommes pour Dieu dans notre mort. C'est toute l'existence chrétienne qui est ainsi résumée. Et cela aussi c'était une nouveauté. Pour la plupart des anciens, l'idéal de la sagesse était de profiter au maximum de la vie, d'y trouver le plus d'avantages possible, soit par la naissance, soit par les acquits, de trouver le maximum d'épanouissement, de bonne vie, d'intelligence, de sagesse, et Paul évidemment ne contredit pas cela mais il dit : "Quelle est la mesure, quel est le sens ?" Le sens de la vie et de la mort humaine c'est vivre pour le Seigneur et mourir pour le Seigneur.

En ce jour où nous sommes rassemblés que nous prions plus spécialement avec Pierre et Nicole pour Henri et Joseph, leur père, je crois que cette parole-là doit nous être très précieuse, parce qu'à la fois, elle est une source d'espérance, si c'est Dieu le premier qui est pour nous, alors tout est possible. Et c'est pour cette raison que quand Jésus va à la mort, il dit : "Je vais vous préparer une demeure". Qu'est-ce que c'est que la demeure ? C'est tout ce que Dieu veut pour nous, je vais vous ouvrir un avenir là où précisément vous pensez que tout l'avenir est fini et sans issue. Mais à une condition, c'est que ce soit pour le Seigneur, et c'est un deuxième aspect. Je crois que quand on regarde la vie des êtres chers qui nous ont quitté, je crois que ce qu'on retient presque instinctivement dans notre regard et notre compréhension, nous les comprenons mieux que nous-mêmes, car dans ce regard que nous jetons sur leur vie telle qu'elle vient de s'achever, ce que dans la foi nous pouvons discerner c'est le "pour le Seigneur". C'est ce qu'ils ont vécu, c'est ce qu'ils ont cherché obscurément, c'est ce qu'ils ont manifesté par les gestes tout simples, très humbles, très humains, c'est ce qu'ils nous ont laissé entrevoir dans le moment mystérieux de la mort, ils étaient "pour le Seigneur".

Que ces paroles de saint Paul se gravent et se gardent au plus profond de notre cœur, non seulement pour ceux qui nous ont précédés et que nous avons aimés, mais aussi pour nous, car c'est finalement le secret de notre vie. saint Paul le dit à un autre endroit, d'une autre manière : "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous" ? Si Dieu est pour nous, nous sommes totalement pour Dieu c'est cela notre espérance, c'est immense parce que dans notre statut humain être pour Dieu, c'est démesuré, et pourtant, c'est de cette démesure-là que Dieu nous a aimés.

 

AMEN

 

 

 
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