AU FIL DES HOMELIES

Photos

TENDU DE TOUT MON ÊTRE, JE MARCHE VERS LE SALUT 

Ph 3, 7-14 ; Jn 12, 31-36

(7 mai 1982)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Marcher dans la lumière

C

 

es paroles de l'apôtre Paul nous font réaliser quelle est exactement la condition du salut chrétien qui nous est promis. Le salut chrétien, ce n'est pas une sorte de récompense que l'on reçoit parce que l'on a été sage. Le salut chrétien ce n'est pas que Dieu vient tout d'un coup s'installer parmi les hommes, y planter sa tente et y demeurer.

En réalité le salut, c'est un élan, c'est un mouvement vers Dieu. Saint Paul le dit lui-même : "tendu de tout mon être, je cours vers le but." Et le Christ lui-même pour définir comment Il nous donne le salut, dit : "quand je serai élevé de terre," ce qui suppose un mouvement par lequel le Fils de l'Homme passe de ce monde à son Père. Et c'est sans doute pour cela que les juifs rassemblés autour de Jésus à ce moment-là, ne comprennent pas puisqu'ils disent : "Il est écrit dans la Loi que le Christ demeurera pour toujours." En effet, à ce moment-là, les juifs croient que le Royaume de Dieu c'est Dieu qui vient s'installer parmi les hommes, et un point c'est tout.

Non, la véritable conception du salut tel que nous l'a donné le Christ, c'est au contraire, que le Christ vient du ciel sur la terre pour nous emmener de la terre jusqu'au ciel. C'est un mouvement, c'est un élan de tout notre être, de tout notre cœur, c'est le don même, le mouvement même de notre liberté et de toute notre vie qui se donne, qui se voue à Dieu. Et c'est pourquoi le Christ prend soin d'ajouter : "Tant qu'il y a la lumière, marchez dans cette lumière."

En effet, comme il faut passer de ce monde au Père, comme il s'agit d'un chemin, comme il s'agit d'une longue marche, il s'agit aussi pour nous de savoir où nous allons et comment nous y allons. Et c'est pourquoi le Christ est ressuscité dans sa Pâque, dans la lumière. La lumière de la Pâque du Christ, c'est comme ce phare qui est projeté sur notre propre cœur, sur notre propre vie pour qu'elle soit tout entière élan, pour que nous sachions où nous allons, que nous marchons vers le Père, en toute sécurité parce que nous nous tenons dans la lumière.

Oui, le salut, ce n'est pas que Dieu s'installe chez nous. Le salut, c'est cette course éperdue, à la suite du Christ ressuscité. C'est cet élan que nous prenons de tout notre être, pour aller auprès de Dieu, pour y trouver, là seulement le repos dans cet asile infini et comme le dit cette très belle expression de saint Grégoire de Nysse : "alors, nous courrons devant Dieu, de commencement en commencement, par des commencements qui n'auront jamais de fin."

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public