AU FIL DES HOMELIES

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 L'AMOUR DU PÈRE POUR SA VIGNE

2 Co 5, 14-18 ; Jn 15, 1-8

Vendredi de la quatrième semaine du temps pascal – A

(26 avril 2002)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

C

omprendre une bonne fois pour toutes que derrière l'évangile se cache l'amour de Dieu, se cache un amour extraordinaire, se cache un dessein, un plan, quelque chose qui est mûri depuis une éternité, quelque chose qui arrive de très loin, comme la vigne, d'infiniment loin et qu'il faut récol­ter, vendanger. Chaque fois que nous entendons l'évangile, c'est comme une vendange que nous fai­sons, comme à ce vin nouveau qui tourne la tête que nous communions. Quelle est cette idée que le Père a derrière la tête à travers cette image de la vigne qui court à travers toute l'Écriture ? Quelle est cette idée qu'Il veut nous partager ? Quelle est cette vendange qu'Il veut nous offrir ?

Le Père a planté une vigne, Il l'a plantée sur un coteau ensoleillé, Il l'a plantée au bord de la Mé­diterranée, Il a planté ce peuple d'Israël sur une terre, Il lui a donné cette terre, et a choisi de faire mûrir cette vigne pour qu'un jour, cette vigne puisse couvrir l'univers entier. Je crois que l'idée au départ, c'est quand même que cette vigne puisse couvrir le monde entier, que cette vigne étende ses sarments jusqu'au bout du monde. Voilà sans doute l'idée qui est der­rière, voilà ce temps des fiançailles avec Israël, ce temps où l'on va tranquillement faire mûrir cette vi­gne. Mais comment va-t-on faire pour étendre cette vigne partout jusqu'à Wallis et Futuna? Faut-il susci­ter un grand prophète dans chacun des pays, faut-il multiplier ainsi sur chaque coteau et profiter de cette vigne qui est déjà là ? Profiter d'y planter une vigne particulière, profiter d'y planter son propre Fils? Comme la vigne a été plantée en terre, comme la vi­gne a été plantée sur une terre, ainsi, le Fils bien-aimé du Père est planté sur une terre, sur une certaine terre qui a été labourée, fécondée, qui a mûri au soleil. Et le Fils est planté, la clôture est brisée et cette vigne va se trouver pressée pour les noces de la croix, pour ces noces qui ont rempli encore plus que les six cents litres de Cana, il fallait que la vigne fut pressée jus­qu'au bout pour qu'elle puisse s'étendre jusqu'au bout de la terre, et que jusqu'au bout du monde, on puisse goûter à ce vin.

Si nous savions combien nous som­mes aimés par Dieu ... Si nous savions combien à travers cette petite parabole si riche de la vigne, si nous savions combien nous sommes l'objet de cet amour de prédilection, comme celui du vigneron pour sa vigne. Si nous savions combien le Seigneur se penche sur chacun des sarments, si nous savions combien nous sommes aimés, à l'un il pousse à la prière, à l'autre, il pousse au service, à l'autre encore, il pousse à l'amour, mais chacun, nous sommes objets de cette tendresse, de cette prévenance, si bien que cette vigne se répand au monde entier, et porte du fruit sur tous les coteaux du monde.

 

AMEN

 

 

 
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