AU FIL DES HOMELIES

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HERITIERS DE LA GLOIRE DE DIEU AVEC LE CHRIST

Ac 1, 12-14 ; 1 P 4, 13-16 ; Jn 17, 1-11c
Septième dimanche de Pâques – année A (24 mai 2020)
Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Asc Pent C

Ascension - Pentecôte (Kim En Joong o.p.)

Frères et sœurs,

On nous recommande de faire des offices brefs donc le sermon sera bref, c’est un des avantages du déconfinement (pour vous !), mais je voudrais quand même vous dire quelque chose, sachant que vous pouvez avoir un complément en allant sur le site de la paroisse car j’en ai fait un autre à l’attention de ceux qui ne peuvent pas venir à l’église.

Je voudrais simplement vous dire une chose qui pour moi est très importante et qui signifie un peu ce que nous sommes là aujourd’hui dans cette situation, dans cette église. Jésus est à la veille de sa mort, on ne peut pas dire qu’Il soit au meilleur de son bonheur de vivre, parce qu’Il sait bien qu’Il va mourir. Et cependant, Il dit à son Père : « Glorifie-moi ! ». La gloire est un nom bizarre car aujourd’hui, elle est le privilège des people. Apparemment ce jour-là, Jésus ne s’est pas considéré comme un people. Qu’est-ce que la gloire alors ?

Dans l’Evangile de saint Jean, au premier chapitre, il est écrit au tout début : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu. Le Verbe était Dieu, Il était la lumière du monde ». La gloire, c’est cela. C’est le fait que le Fils de toute éternité se rende compte qu’Il est rempli de l’amour de Dieu son Père. Sa gloire est cette espèce de surabondance, de trop-plein d’être aimé. Ça arrive de temps en temps chez nous les humains, pas à la même échelle que ce qui se passe en Dieu, mais c’est vrai que quand on est très amoureux, il y a une sorte de trop-plein de bonheur et la gloire, c’est un peu le trop-plein du bonheur.

C’est ce qui est dit au premier chapitre. Le dix-septième – celui que nous lisons aujourd’hui – se situe juste avant la Passion et que dit-il à son Père ? « Redonne-moi ce trop-plein de bonheur que j’avais auprès de toi ». Il est extraordinaire que Jésus, face à sa mort, ait pu dire : « De toutes façons, la gloire que Tu m’as donnée, peut-être qu’elle ne s’est pas manifestée pendant les jours sur la Terre – ou très modestement – mais Je sais que Tu peux Me la restituer, la faire revivre en Moi avec la même plénitude que celle que J’ai connue depuis toujours auprès de Toi ». C’est pour ça qu’il dit : « Je viens à Toi » Autrement dit, Il voit sa mort – ça ne veut pas dire qu’Il se cache la réalité de sa mort –, Il voit la mort en face mais Il voit aussi la gloire, le surcroît de bonheur que Dieu son Père va Lui donner. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est qu’Il précise que cette gloire, Il la donne et Il la reçoit mais Il ajoute : « Tu vas Me la donner de façon nouvelle parce que J’ai fait connaître ton nom aux hommes ».

Jésus est déjà heureux de la gloire qu’Il va recevoir de son Père, pas simplement comme Il la connaissait auparavant, mais parce qu’Il a déjà fait le travail que le Père Lui demandait de faire : faire connaître son nom, le nom de Dieu et l’amour de Dieu aux hommes. Et ça veut dire que maintenant, le Christ est encore plus heureux parce que l’amour qu’Il reçoit de son Père, Il va le partager avec l’humanité tout entière. Voilà pourquoi Il prie  pour ça au moment même de sa mort. Il sait que ça va être la grande pandémie de la gloire de Dieu. Au fond, c’est cela que nous fêtons aujourd’hui.

Pour prendre une petite comparaison : quand le Fils éternel était auprès de Dieu avant la création du monde, c’était simplement le bonheur d’être à deux et le moment où Il remercie son Père en Lui disant : « Tu vas me redonner cette gloire », c’est comme quand un jeune couple découvre le bonheur d’être à trois avec l’enfant qu’il attend ou auquel il vient de donner naissance.

Le Christ est heureux du bonheur qu’Il a eu d’être aimé du Père mais aussi d’avoir pu partager ce bonheur avec les hommes, même si c’est par des moyens extrêmement difficiles, comme la mort, les insultes, les outrages etc… Telle est la gloire nouvelle qu’Il nous donne. S’Il a pu la communiquer à travers les affres de ses derniers moments, de ses dernières heures, Il pourra la communiquer à travers tous les épisodes et tous les événements de l’histoire. Vous comprenez pourquoi cela a une résonance tout à fait particulière pour nous aujourd’hui. Nous accueillons la gloire de Dieu, la gloire que le Père a donnée au Christ et qu’Il a redonnée au moment de sa mort et de sa résurrection, nous l’accueillons dans l’histoire à travers des moments difficiles ; mais Dieu ne bouge pas d’un iota sur le désir de nous communiquer sa gloire. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est tout simplement pour ça : nous croyons qu’à partir du moment où Dieu a décidé quelque chose, de nous communiquer sa gloire, Il ne reviendra pas là-dessus.

Frères et sœurs, qu’aujourd’hui en célébrant ce dimanche, nous redécouvrions cette gloire de Dieu, c’est-à-dire ce bonheur à la fois d’être aimé par son Père et de pouvoir partager ce bonheur avec nous, c’est le sens même de notre eucharistie.

 
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