Imprimer

L'ESPRIT FAIT DE NOUS DES HOMMES LIBRES

Tt 3, 4-7 ; Jn 16, 5-11

(5 juin 2003)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

Pompéi : Liberté de la danse

I

l y a dans la première lecture entendue, celle de saint Paul s'adressant à Tite, son disciple, tout un condensé de la théologie du chrétien et de cet Esprit Saint qui lui est donné. saint Paul l'annonce : "L'Esprit Saint a été répandu sur nous à profusion par Jésus-Christ notre sauveur, afin que justifiés par la grâce du Christ nous obtenions en espérance l'héritage de a vie éternelle". Ce passage se situe alors que saint Paul vient de dire à Tite que nous étions dans l'iniquité et la justice et que du coup, comme on l'a entendu dans le premier verset, quand Dieu nous a sauvé et montré sa bonté et sa miséricorde, Il n'a pas tenu compte des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais c'est par le bain de la régénération et le don de l'Esprit Saint que nous sommes désormais justifiés. Nous l'avons souvent dit et répété ici : effectivement, nos œuvres ne peuvent pas nous donner le salut, nos bonnes actions ne peuvent pas nous faire gagner le paradis. C'est le don de Dieu, sa grâce et son amour qui, nous appelant, faisant jouer notre liberté, nous conduit par sa grâce, éventuellement dans les petites actions que nous faisons, à vivre de cet amour et de cette miséricorde, et à connaître alors dans les œuvres une sorte de justice, une sorte de grâce, mais qui ne dépendra jamais de nous. Dieu sauve librement, parce que son Esprit, ce don qui n'est autre que sa grâce, c'est la liberté. Vous le savez, Paul le dit par ailleurs : "Là où est l'Esprit, là est la liberté".

Mais alors, pourquoi le chrétien a-t-il tant de mal à décoller dans sa vie ? Sans doute parce que nous n'avons pas pris la pleine mesure de ce don et de cette miséricorde, nous n'avons pas pris les ailes de l'Esprit Saint, nous ne nous sommes pas envolés, nous n'avons pas laissé la voile de notre bateau se gonfler du souffle de l'Esprit. Oui, parce que nous concevons encore Dieu et le christianisme sous un rapport d'autorité. Dieu ne tient pas compte de nos œuvres de justice, or nous sommes comme des petits enfants face à leur père, et nous essayons toujours de trouver des justifications à ce que nous disons et à ce que nous faisons, comme si le chrétien avait peur d'être toujours pris en flagrant délit de péché, de mal, et donc d'être accusé, que l'on retienne sa faute et qu'on dise : c'est toi qui l'a fait, c'est mal ! Mais Dieu ne tient pas compte de nos œuvres de justice, Il nous donne d'abord son amour et sa miséricorde. Sa grâce nous précède, mais on a l'impression qu'on n'y croit pas, vu la manière dont nous agissons. Nous avons non seulement tendance à nous justifier aux yeux des autres, mais même et surtout au regard de Dieu. Mais nous ne sommes pas des accusés, nous sommes des sauvés. Etre sauvé, bien sûr c'est prendre conscience de nos limites, de nos ténèbres, de notre péché. Mais c'est surtout prendre conscience de ce que Dieu nous aime, que l'Esprit est amour et que nous sommes déjà passés dans la lumière, dans la grâce, et dans la résurrection.

Alors, ne vivons plus comme si nous étions sous respiration artificielle, mais bien dans le souffle de l'Esprit. Ne faisons pas de notre Église un petit "T 3" avec même pas une vue sur la mer, mais bien la grande maison, la grande famille de Dieu, des enfants de Dieu sauvés. Ne faisons pas de notre vie de chrétiens, des prisonniers du précepte et du commandement, mai bien des hommes libres, capables de se lancer loin, parce qu'on se sait aimés et que cet amour nous a été donné. Le bain de la régénération, nous l'avons, c'est notre baptême. L'Esprit Saint, nous l'avons, c'est ce que nous faisons en ce moment en célébrant.

 

AMEN