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LE MYSTÈRE DES TROIS PERSONNES

Tt 3, 4-7 ; Jn 16, 5-11

Jeudi de la septième semaine de Pâques – B

(1er juin 2006)

Homélie du frère Yves HABERT

 

L

a révélation du Dieu Trinité est tellement incroyable qu’il a fallu du temps, une pédagogie, quelque chose de l’ordre de la patience pour nous faire comprendre cet immense mystère. Et le Christ ne livre pas le mystère insondable de la Sainte Trinité, cette union du Père du Fils et de l’Esprit d’emblée, comme ça, il le fait progressivement. Il faut d’abord qu’il souligne le lien avec son Père, qu’il se pose d’abord comme le Fils de ce Père-là, et puis la relation très particulière qu’il a avec son Père. Et quand ceci est non pas acquis, parce que c’est tellement grand, il parle de l’Esprit Saint, il livre le secret de cet Esprit, cet Esprit commun qu’il tient avec son Père. Il l’appelle le Paraclet, le défenseur, celui qui doit venir, et il lie l’arrivée du Paraclet à son départ. Il ne faudrait pas se dire comme ce moine calabrais, Joachim de Flore, qu’il y a eu l’âge du Père, c’est-à-dire l’âge du sacrifice, l’âge de l’Ancien Testament, puis l’âge du Fils avec le Nouveau Testament, et enfin, l’âge du Saint Esprit comme une sorte de nouvel âge. Mais le Christ en liant son départ à la venue de l’Esprit souligne cette étroite imbrication qu’il y a entre les trois personnes entre elles, comme le souligne d’ailleurs ce texte de Tite. Les personnes, pour parler un peu vulgairement, ne font pas les trois huit ! il n’y a pas une succession, mais les trois personnes sont elles-mêmes engagées dans la création, dans le salut, dans cette espérance qui nous entraîne pour précisément nous réjouir de cette vie des trois personnes.

Nous avons été créés d’un élan de la Sainte Trinité. Nous avons été sauvés de cet élan de la Sainte Trinité, à la croix : quand le Père donne son Fils, quand le Fils se donne au Père, l’Esprit jaillit de ce don total. Mais nous nous réjouirons éternellement du don des trois personnes entre elles. C’est peut-être cela qui est signifié dans ce :"si je ne pars pas, vous n’aurez pas le Paraclet". Il y a une étroite collaboration, une synergie entre les trois personnes. Nous avons quelquefois des manières d’être chrétiens qui ne sont pas des manières trinitaires. Vivre profondément de ce mouvement des trois permet de renouveler à la fois notre prière, notre insertion ecclésiale, et je crois, nous permet d’aller plus loin aussi dans la vie spirituelle. Une vie chrétienne qui oublierait cette respiration trinitaire, finirait très vite par non pas un déisme, mais par quelque chose qui n’aurait pas une relation de proximité avec les trois personnes.

Vivons, et demandons à Dieu dans ce temps qui nous sépare de la Pentecôte, de vivre profondément de ce mystère des trois personnes. Tous, nous avons été baignés, nous avons reçu cette génération de l’eau et de l’Esprit, nous avons été baptisés dans l’amour de ces trois personnes, alors, vivons, profitons pleinement de ce temps pour rentrer davantage dans ce mystère.

 

AMEN