AU FIL DES HOMELIES

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 LE DON DE DIEU NOUS PRECEDE TOUJOURS

Ep 2, 13-22 ; Jn 16, 22-33
Lundi 9 Mai 2016
Homélie du frère Daniel Bourgeois

 

 

 

Frères et Sœurs, à travers l’évangile que nous venons d’entendre, qui est assez étrange pour nos oreilles modernes, je crois qu’il faut entendre essentiellement ceci : Le don de Dieu nous précède toujours. Il faut se remettre dans le contexte de Jésus livrant son dernier témoignage, son ultime testament au groupe des disciples. Nous sommes à quelques heures du début de la Passion et Jésus veut dans une sorte de geste de lien, d’amitié, presque de consolation, essayer d’éveiller dans le cœur des disciples, une attitude qui ne soit pas celle du désespoir, de la rupture ou de l’échec. 

 

On verra par la suite que les paroles de Jésus ne suffiront pas puisque tous les disciples à part Jean se défileront au moment de la comparution, puis de la Passion et de la mort de Jésus. Mais ça n’empêche que Jésus aura tout fait pour que les disciples comprennent que cette mort, ce départ, cette séparation ne soit pas interprétée comme quelque chose qui n’a pas de suite. Et pour mieux le souligner, il explique comment le fait de retourner vers le Père est le gage que le Père lui-même prendra les devants. La formulation est un peu paradoxale, mais il n’est même pas besoin de demander au père quoi que ce soit, parce que le Père sait ce dont les disciples ont besoin. 

 

C’est une chose qui nous est assez difficile à assimiler parce que la plupart du temps, lorsque nous prions Dieu, nous sommes toujours en train de parler à Dieu comme s’il ne savait pas. C’est un peu la faille psychologique de la prière de demande. On a toujours l’impression que les gens demandent et ils le font comme s’il fallait expliquer à Dieu les choses, comme s’il avait d’autres soucis en tête, et qu’il fallait le ramener aux préoccupations, aux peurs ou aux dangers qui nous entourent pour qu’il commence à s’en occuper. C’est exactement l’attitude que peuvent avoir les disciples devant la disparition du Maître. Que peuvent-ils faire sinon de demander au Père d’avoir au moins soin d’eux puisque Jésus lui-même n’a pas pu échapper à l’arrestation, à la condamnation et au supplice ? Voilà précisément ce que Jésus veut déjouer. Il veut dire à ses disciples que ce qui arrivera n’est pas une sorte d’insuffisance de sollicitude de la part du Père. Insuffisance de sollicitude pour lui Jésus ou pour les apôtres. Il veut montrer que d’abord sa mort, et ensuite l’isolement et la solitude du petit groupe des disciples, est quelque chose qui est la préoccupation majeure du Père et qu’il ne cessera de prendre soin d’eux, tout comme il prendra soin du Christ en le ressuscitant d’entre les morts. 

 

Ce petit passage éclaire de sa lumière notre attitude personnelle dans la prière de demande. La plupart du temps, notre prière de demande est fondée sur une sorte de défiance ou de sentiment que Dieu ne s’occupe pas assez de nous. Et c’est l’attitude inverse qu’il faut adopter. Dans la prière de demande, il faut être dans la confiance assurée de ce que le Père est capable d’entendre notre prière. Et que par conséquent nous n’avons pas à la mesurer à la façon dont nous estimons qu’elle devrait être exaucée. Si nous sommes entre les mains du Père, nous ne sommes pas entre les mains d’un négociant, de quelqu’un avec qui l’on va calculer le prix du remboursement des frais. Nous sommes en face de quelqu’un qui dans sa générosité de père va au devant de nos besoins et de nos attentes. 

 

Alors, frères et sœurs, que ce petit passage de la fin du chapitre 16 nous aide à retrouver cette véritable attitude de la prière de demande. Non pas le calcul ou la négociation avec Dieu, mais la confiance fondamentale dans la prévenance du Père, celui qui va au devant de nos désirs et de nos attentes, quels que soient les événements auxquels nous sommes confrontés.

 

 
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