AU FIL DES HOMELIES

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 L'UNITÉ, DESSEIN DU PÈRE

Ep 2, 13-22 ; Jn 14, 15-21

(24 mai 2004)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Quelle unité !

F

 

rères et sœurs, je ne sais pas si saint Paul est l'inventeur du christianisme, comme on le dit dans certaines émissions télévisées, mais si c'est le cas, Il a inventé une bien belle religion. Le texte de l'épître aux Ephésiens que nous avons entendu est tout à fait fondamental pour notre foi. Il décrit exactement le paysage et le visage du christianisme.

Depuis toujours, c'est une réaction naturelle à la totalité des groupes humains, qu'ils soient des groupes nationaux, religieux ou culturels, de se définir, de chercher à trouver son identité en se distinguant, en se divisant, en s'opposant aux autres groupes. Cette identité consistera à établir une barrière, une limite qui entoure le groupe et qui le sépare de tous les autres. Les autres groupes deviendront par le fait même, étrangers, lointain, voir tout simplement ennemies et tout naturellement, les groupes en arriveront à s'ignorer, à se séparer, à lutter les uns contre les autres, à se haïr, à s'entretuer, c'est toute l'histoire du monde, l'histoire passée et l'histoire présente.

En face de cet instinct de division, de cet instinct de fonder son identité sur la différenciation d'avec les autres, cet instinct qui aboutit à la guerre et à la haine, en tout cas à l'ignorance et au rejet, en face de cette attitude si répandue, et si co-naturelle semble-t-il à l'homme, que nous affirme saint Paul dans l'épître aux Éphésiens ? Il affirme que le Christ est venu rassembler ceux qui étaient loin et ceux qui étaient proches. Il n'est pas venu seulement pour le peuple juif, le peuple élu, le peuple de ceux qui sont proches de la révélation et du mystère de Dieu, mais aussi pour ceux qui étaient loin, les païens, les barbares, les exclus. Entre ces deux portions d'humanité, ceux qui étaient proches, et ceux qui étaient loin, Jésus est venu pour faire la paix, pour les réconcilier avec Dieu et par là même les uns avec les autres, tous deux, en un seul corps, en un seul peuple. Et cela, Jésus l'a accompli en acceptant de prendre sur Lui, toutes les haines qui partagent le cœur des hommes. Sur sa croix, par son sacrifice, Il a assumé en Lui toutes les divisions, toutes les haines pour les détruire par sa croix, par son sang, par sa personne, dit saint Paul, Il a tué la haine. Pour cela Il nous donne un seul Esprit, un unique Esprit qui va nous construire les uns avec les autres, ceux qui étaient proches et ceux qui étaient loin, pour devenir une seule demeure de Dieu, fondée sur cette pierre d'angle qu'est le Christ Jésus où rayonne la paix et l'unité, l'amour qui tue la haine, pour que rayonne ce qui sera la Royaume de Dieu, c'est-à-dire le rassemblement de tous. S'unifiant en une seule communauté, non seulement en un seul groupe, Saint Paul va jusqu'à dire : en un seul homme nouveau, comme si nous étions appelés à une unité telle que nous ne constituions qu'un seul homme, un seul corps, une seule réalité. Que cet unique Esprit de Dieu nous rassemble dans une unité si forte qu'elle est aussi puissante que l'unité des membres dans un uni­que corps.

Voilà cette religion qu'est le christianisme, non pas une nouvelle division parmi les hommes, non pas un nouveau groupe qui s'opposerait et se distinguerait des autres, mais le projet d'un rassemblement universel, le projet d'une unité, d'une récapitulation, comme diront les Pères de l'Église, dans le Christ Jésus qui tous, nous unit à son corps pour faire de nous ses membres, et membres les uns des autres.

Que nous adhérions, malgré l'instinct qui habite dans nos cœurs, malgré cet instinct de division et de séparation, que nous adhérions à ce projet de Dieu pour devenir l'unique peuple qui rassemble toute l'humanité.

 

AMEN

 

 

 
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