AU FIL DES HOMELIES

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PRÉSENCE DE DIEU DANS LE MONDE

Ep 2, 13-22 ; Jn 14, 15-21

Lundi de la septième semaine de Pâques – C

(1er juin 1992)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

C

e jour-là vous comprendrez que Je suis en mon Père et vous en Moi et Moi en vous !" Par cette parole, le Christ annonce le mode de présence qui sera le mode de présence de Dieu dans l'Église que nous vivons aujourd'hui. Nous avons peut-être l'impression que nous avons moins de chance que les apôtres puisque nous n'avons pas vu, de nos yeux vu, le Christ en sa chair. Et nous pouvons avoir l'impression que dans la grande histoire de la présence divine dans le monde nous sommes dans le mode d'une présence finalement plus faible ou du moins plus difficile à contenter notre foi.

Pourtant, depuis le début de l'histoire de l'in­tervention de Dieu dans les hommes cette présence n'a jamais cessé de s'intensifier et nous vivons aujour­d'hui un mode de présence extrêmement profond, extrêmement intense qui dépasse sans comparaison possible la présence du Christ dans la chair avec ses apôtres. Dans l'Ancien Testament Dieu avait souvent choisi quelques modes climatiques ou météorologi­ques, le vent, le feu, pour apprivoiser cette présence, pour que les hommes puissent s'approcher de Lui. Parfois même cette présence était familière autour d'une table comme les anges auprès d'Abraham, mais elle prenait aussi l'allure d'un feu dans un buisson ardent comme pour Moïse. Elle se révélait encore à travers une brise du soir pour Elie ou comme le vent sur les micocouliers pour David. Elle pouvait aussi prendre l'aspect d'un feu dévorant, d'une puissance terrible qui faisait dire aux anciens du premier Testa­ment qu'on ne pouvait voir Dieu sans mourir.

Première présence de Dieu, celle d'un Dieu qui approche les hommes, qui se révèle à eux, qui leur apprend progressivement et sa puissance, et sa proxi­mité. La seconde présence est celle de l'évangile, d'abord intime dans le sein de Marie, puis celle d'un Ami, d'un homme parmi les hommes, jusqu'à la croix, tel que les apôtres l'ont connu et qui n'a pas d'ailleurs "forcé" leur foi puisqu'ils ont été longs à reconnaître en cet homme qu'ils côtoyaient tous les jours l'En­voyé, le Messie. Troisième mode de présence, celle qui nous est annoncée en cette semaine et qui sera fêtée dimanche prochain, celle de l'Esprit. Le Christ n'est plus en face de nous comme un modèle, comme un homme qu'on peut rejoindre, mais Il est en nous. Et si le Christ est venu à nous pour nous chercher à travers son temps d'incarnation, en retournant vers le Père, Il ne s'est pas éloigné mais Il a ouvert la Porte qui était comme cachée derrière Lui, porte qui était celle de sa filiation, celle de sa proximité avec le Père. Et lorsqu'Il dit : "Je ne vous laisse pas orphelins !" c'est pour nous éviter que nous nous heurtions à l'ap­parence de son absence ou de son silence, et pour que, ne tombant pas dans ce piège de l'apparent silence ou de l'apparente absence de Dieu, nous découvrions la présence active, vivante, dynamique, puissante de l'Esprit dans l'Église et dans chacun de nous.

Ainsi Dieu, depuis le début de son interven­tion dans le monde, intensifie sa présence jusqu'au jour final où en le voyant le monde tente de reconnaî­tre son Sauveur et soit sauvé. En cette semaine où nous avons à réapprendre à goûter cette présence par l'Esprit saint de Dieu en nos vies, demandons d'abord de le reconnaître en tout ce qu'Il a déjà fait dans notre histoire personnelle pour que, découvrant sa fidélité, nous devenions à notre tour fidèles, fidèles à Dieu, fidèles à l'Esprit qui ne cesse de nous guider et de faire grandir en nous l'homme nouveau capable de reconnaître le Christ, le Fils de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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