AU FIL DES HOMELIES

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OBÉIR À L'ESPRIT SAINT

Ep 2, 13-22 ; Jn 14, 15-21

(16 mai 1988)

Homélie du Frère Jean-François NOEL 

Saint Cirgues : L'Esprit Créateur 

L

'homme n'est jamais aussi libre que lorsqu'il se rend docile aux doigts agiles de l'Esprit, lorsqu'il se rend passif sous l'action de l'Esprit." Il est souvent bien difficile de manier à la fois l'obéissance à l'Esprit et en même temps notre réponse active à l'action de Dieu. Nous avons souvent beaucoup de mal à savoir nous rendre dociles et obéissants et en même temps à nous vouloir actifs sur le chemin de la sainteté. Il est un fait que pour répondre vraiment à l'appel de Dieu, il faut se mettre en marche, se mettre en route sur ce chemin, rassembler toutes nos forces vers un seul but, le visage de Jésus, le visage de celui qui, ouvrant la porte du ciel, par le Père, nous donne son Esprit.

       Il faut essayer de répondre à ce paradoxe par deux éléments qui sont l'un en amont, l'autre en aval. Qu'attend donc l'Esprit de notre cœur avant de pouvoir y entrer pour l'ensemencer de sa vie ? Tout d'abord, le désir de le recevoir. Notre véritable activité n'est pas tant de bander nos énergies afin d'être au mieux de notre forme spirituelle, mais de laisser l'Esprit nous envahir, et pour cela le désirer ardemment. Cela c'est en amont. En aval, recevant l'Esprit, nous n'avons pas à le compter ou à l'emmagasiner comme une chose reçue de Dieu, mais nous avons à le dispenser généreusement, comme à tout vent, dans l'amour.

       Que ce soit en amont ou en aval, ce que Dieu demande à l'obéissance du cœur de l'homme, c'est une demande d'amour afin que la réponse soit une réponse d'amour. Il ne demande pas une mathématique particulière de mérites, d'efforts ou d'ascèse, mais il demande l'ouverture, sous le vent de l'Esprit, l'ouverture des portes closes de notre cœur des portes closes à cause du péché, afin que nous puissions vivre, par l'Esprit, en plein vent, dans l'amour auprès de nos frères et auprès de Dieu.

       La semaine préparatoire à la Pentecôte nous invite justement à dérouiller les gonds des grandes portes qui ferment notre cœur, et pour cela à nous interroger en soi-même sur nos stagnations, sur ce qui nous immobilise sur le bord du chemin, sur ce pour quoi nous ne voulons plus tellement avancer, sur ce pourquoi nous avons cessé de croire à la sainteté. Elle nous invite à essayer de refaire bouger, une nouvelle fois, ce que la rouille avait commencé à immobiliser, à essayer de réaliser, en fait, à quel point notre péché d'immobilisme peut devenir un péché contre l'Esprit, une sorte de négation permanente à son action, une sorte de refus plus ou moins poli, quelque peu fréquent ou sourd à l'appel de Dieu par son Esprit.

       Dans l'évangile il est bien dit que les blasphèmes contre le nom de Jésus seront remis mais qu'il est un péché que Dieu ne peut pardonner : c'est le péché contre l'Esprit. Ce contre quoi Dieu ne peut aller c'est justement notre façon, à nous, enfermés que nous sommes dans le péché, de refuser notre cœur, tout doucement, gentiment, simplement en tournant le dos, de refuser de nous ouvrir à l'Esprit de Dieu, de refuser de recevoir en nous cet Esprit. Cela veut dire que nous avons cessé de vouloir vraiment Le désirer.

      Alors Dieu nous envoie un Paraclet, un conseiller, un compagnon de marche, un vent. Il nous envoie l'horizon pour lequel nous sommes faits. Dieu vient nous rafraîchir d'une brise que nous avons connue au tout premier moment de la création. Dieu restaure en nous ce premier instant où Il a soufflé dans nos narines son souffle de vie car Il voulait faire de nous son image et sa ressemblance. Retrouvons donc notre profond désir d'être avant le péché, d'être, avant la chute, celui que Dieu préfère, celui que Dieu fait vivre par son Esprit.

       AMEN


 

 
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