AU FIL DES HOMELIES

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L’ESPRIT DE COMMUNION

Ep 2, 13-22 ; Jn 14, 15-21

Lundi de la septième semaine de Pâques – B

(29 mai 2006)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

N

ous venons d’entendre dans l’évangile ces paroles : "Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai vers vous", et plus loin encore : "Celui qui a mes commandements et qui les garde, est celui-là qui m’aime, or celui qui m’aime sera aimé de mon Père et je l’aimerai et me manifesterai à lui".

Peut-être frères et sœurs, que dans cet évangile, ressort comme une dimension extrêmement personnelle de la foi et de la relation qui existe entre Dieu et nous, entre nous et l’Esprit Saint. Pour caricaturer, ce serait : moi et l’Esprit Saint. Dans ces versets ressort un écho qui certainement ferait plaisir à nos contemporains, qui dans notre société tellement individualisée se sentent comme abandonnés, seuls, hors de tout tissu amical relationnel, hors de tout tissu de relation avec Dieu. Quelle belle parole que d’entendre : "Je ne vous laisserai pas orphelins", moi et vous, vous et moi, et je demeurerai en vous, etc … Lecture extrêmement personnelle donc, qui pourrait peut-être nous faire conclure que le don de l’Esprit Saint que nous attendons est plutôt un don qui nous concerne nous et pas nécessairement les autres. Le charisme de l’Esprit Saint est-il pour notre propre confort personnel, le don du charisme de l’Esprit saint est-il là uniquement pour nous empêcher d’angoisser vis-à-vis d’un abandon de Dieu vis-à-vis de nous, je ne sais pas. Effectivement, l’effet est comme renforcé puisque au verset 17 Jésus dit : "L’Esprit de vérité le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas ni ne le reconnaît".

Donc, cet abandon est même encore amplifié par le fait que nous vivons très régulièrement dans notre vie, une forme d’abandon, non seulement envers Dieu, mais aussi avec les autres. Faut-il attendre de l’Esprit Saint qu’il vienne nous consoler parce que les autres ne viennent pas nous consoler ? Faut-il tirer comme conclusion comme certaines personnes le font vis-à-vis de l’humanité, comme les gens ne sont pas intéressants et que je suis déçu par les gens, il vaut mieux que je me console avec mon chien ou avec mon chat ! Au moins les animaux, eux, me rendent l’affection, l’amitié, la gentillesse, et la fidélité, que ma famille, mes relations professionnelles n’ont jamais su me donner.

Je crois que heureusement, et les textes aujourd’hui sont fort bien contrebalancés, il y a une relation personnelle entre l’Esprit Saint et nous-mêmes, mais le texte de l’épître aux Ephésiens vient au secours de cette interprétation personnalisée de cette relation à l’Esprit Saint, pour nous dire quelque chose de très important. Saint Paul éclaire l’Esprit Saint comme étant celui qui est du côté de la communion et qui est du côté de la construction. Ce n’est pas uniquement l’Esprit Saint et moi, et l’attente de charismes extraordinaires qui feraient d’ailleurs que je deviendrais mieux que les autres, que j’entendrais et que je verrais des choses que les autres ne voient pas et n’entendent pas, mais ce que nous dit saint Paul, et je pense que c’est cela qu’il faut garder dans cette semaine que nous commençons, cette semaine de méditation et de prière à l’Esprit Saint, c’est que cet Esprit Saint nous est donné, et il est comme le garant de la communion qui nous soude les uns avec les autres et garant de cette construction dont saint Paul faisait mention tout à l’heure. Peut-être pour garder avec vous l’image de la construction d’un édifice, j’ai envie de dire que soit, nous sommes là avec notre propre petite pierre, c’est-à-dire notre vie, et nous aimons la regarder, la toucher, nous aimons y sculpter de jolis dessins, de jolies figures, mais en soi, à quoi cela sert-il ? A quoi sert cette pierre qui serait comme à l’abandon au bord de l’édifice sur le parvis de l’église ? Certes, nous pourrions mieux y voir les sculptures et les dessins, mais cette pierre pour qui est-elle ? Elle est toute seule, elle n’est pas en communion avec les autres, elle n’a pas été ajustée avec les autres pierres, elle n’a pas été abîmée, usée, travaillée, restreinte pour être ajustée avec les autres pierres.

Je crois frères et sœurs, que cette semaine doit nous apporter, c’est de réfléchir sur nous-mêmes. Est-ce que, comme le dit saint Paul, nous essayons de faire entrer notre pierre dans la construction pour devenir une demeure de Dieu dans l’Esprit ? Ou bien au contraire, est-ce que nous avons une vision uniquement personnalisée de la relation entre l’Esprit Saint et moi ? Saint Paul dit justement à ce sujet, au verset 18 que si la barrière est tombée, c’est pour que nous soyons en communion les uns avec les autres, cette barrière que le Christ a fait tomber, et il nous dit : "Par lui, nous avons en effet tous deux (il parle du peuple juif et des nations), nous avons en un seul Esprit libre accès auprès du Père".

Frères et sœurs, que cette semaine soit pour nous un moment de méditation. Est-ce que ce que nous vivons sous l’Esprit Saint nous mène oui ou non vers le Père, c’est-à-dire vers la communion des uns envers les autres ?

 

 

AMEN

 

 

 
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