AU FIL DES HOMELIES

Photos

LA VÉRITABLE SAGESSE

Vigiles de la Pentecôte – A

(26 mai 1996)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Q

uelques mots pour nous introduire aux mystè­res de la Pentecôte. D'ailleurs ce soir, nous aurons deux introductions puisque nous aurons une introduction de prière, celle que nous venons de célébrer ensemble et ensuite une introduction musi­cale avec le Chœur à Cappela de Zurich.

Vous avez remarqué, nous avons commencé la célébration de ces vigiles avec la lecture de l'his­toire de la Tour de Babel. Étrange aventure que l'ur­banisme dans l'histoire humaine. Quand les hommes se lancent dans la première grande tentative d'urba­nisme : "Allons prenons des briques et du mortier et construisons une ville avec une tour au milieu". Dieu a un constat terrible : tout est possible. C'est l'âge des possibles. Quand l'humanité sort de sa première en­fance quand elle arrive à cette espèce de jeunesse des grandes civilisations de l'Orient ancien alors tout est possible.

Et comment tout est possible ? Parce que l'homme va précisément construire une unité : la cité, la ville non seulement la ville bâtie mais la ville comme cité des hommes organisée. L'homme va construire cette ville précisément à partir de la terre, fondée dans la terre, utilisant la terre pour faire les briques et le mortier avec la prétention d'entrer dans le mystère de Dieu. C'est là toute l'ambiguïté. C'est vrai nous sommes toujours d'une manière ou d'une autre à l'âge des possibles mais comment vivons-nous cette recherche d'unité ? Il y a deux méthodes, précisément si je faisais allusion au film de Pascale Ferran qui passe actuellement sur nos écrans c'est parce qu'elle nous montre une jeunesse qui vit l'âge des possibles mais elle le vit si je puis dire selon l'art de la dé­brouillardise et c'est notre civilisation. C'est se dé­brouiller. Trouver des combines. Trouver des moyens pour vivre, pour se fabriquer un humanisme, pour se . fabriquer des idéaux et, d'une certaine manière, ces possibles-là ne tiennent jamais. En fait, le véritable âge des possibles c'est plutôt non pas la débrouillar­dise mais la sagesse. La sagesse c'est l'art de ne plus compter uniquement sur soi mais la sagesse dans la Bible c'est l'art de compter sur la manière dont Dieu peut construire l'unité en nous et entre nous. Et quand nous fêtons la Pentecôte, quand nous fêtons le don de l'Esprit, nous fêtons précisément cela. Qui construit l'homme ? Qui construit l'unité humaine ? Qui cons­truit le destin de l'humanité ? Qui construit l'aventure spirituelle de chacun d'entre nous ? Ce n'est pas nous. C'est vrai, nous pouvons par tous les moyens lutter contre la mort, lutter contre l'usure, lutter contre cette espèce de temps qui s'en va et qui nous file entre les doigts. Mais cependant la véritable sagesse c'est de laisser construire en nous non plus une Babel à partir de notre débrouillardise et des moyens du bord, c'est de laisser construire en nous la cité de Dieu. C'est cela le mystère que nous fêtons ce soir. C'est Dieu qui entre dans le monde, qui entre dans cette société hu­maine que nous constituons, qui entre par le souffle et le dynamisme de son Esprit et qui nous construit.

Frères et sœurs, que ce soir en entrant dans cette fête de la Pentecôte nous demandions à l'Esprit de nous construire dans une véritable sagesse non pas à partir des moyens que nous pourrions utiliser nous-mêmes mais à partir de l'unité qu'Il veut nous donner qui est l'unité même de son mystère, de son amour et de son salut.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public