AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'ESPRIT, L'EAU ET LE SANG

1 Jn 5, 1-12 ; Jn 16,12-15

Vendredi de la septième semaine de Pâques - B

(9 juin 2000)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

C

ette octave préparatoire à la venue de l'Esprit saint nous permet de méditer les grands textes de l'Écriture, notamment de saint Jean. Dans la première épître de saint Jean, il nous est dit qu'ils sont trois à témoigner : l'eau, l'Esprit et le sang, témoigner comme le mort témoignage qui signifie martyre. Il y a derrière cette image l'idée du don. Il y a aussi comme c'est indiqué dans certains manuscrits de la Vulgate une image de la Trinité, car il est ajouté que dans le ciel témoignent le Père le Verbe et l'Es­prit, et ces trois ne font qu'un, et que sur la terre, ils sont trois, l'Esprit l'eau et le sang. Le rapport est inté­ressant, en effet, c'est à l'image de l'eau ou à l'image du Père, la source de la Vie qui nous est donnée. Dans le texte de la première épître de Jean, il parle juste­ment de cette vie, Dieu a un projet pour les hommes, c'est un projet de vie. Et ce projet de vie se construit à travers l'image du don qu'est le sang, et c'est à travers l'image du Fils qui donne son Corps pour que ce Corps qui est désormais son Eglise ne cesse de se bâtir dans ce monde et ne cesse de revenir à la source pour y être né, il faut en soi l'amour, c'est-à-dire l'Es­prit Saint.

L'eau le sang et l'Esprit sont ainsi trois à té­moigner. On dit souvent qu'après l'Ancienne Alliance étant du Père, vient celle de la Nouvelle Alliance qui est du Fils, et que maintenant, c'est désormais le temps de l'Église, donc de l'Esprit. C'est vrai, mais il ne faut pas opposer l'un et l'autre. Il y a nécessité comme pour un corps pour qu'il vive, qu'il ait une âme, il faut pour que l'Église puisse vivre, qu'elle ait l'Esprit. Mais pour se rabattre sur l'Esprit, pour l'op­poser à l'Église, c'est tomber dans du spiritualisme désincarné où tout le monde fait ce qu'il veut, tomber simplement dans le corps, on tombe dans le système écclésial qui ne cesse de fonctionner selon des roua­ges très précis et qui risque de tourner pour lui-même, et ainsi de s'enfermer sur lui-même, ce corps écclé­sial.

Il faut donc d'ailleurs comme pour les sacre­ments que la matière soit imprégnée par la vie de l'Esprit saint pour qu'on reçoive vraiment la vie, comme l'eau, le don comme le sang, et l'amour, la vivification par l'Esprit Saint. Il y a en nous un appel à mesurer cet équilibre qu'il faut avoir entre les réali­tés de ce monde et ce que nous attendons dans l'éter­nité, entre ces sacrements qui sont des signes qui viennent de notre terre et pourtant qui nous renvoient à l'invisible, grâce à l'Esprit Saint, et à notre Eglise qui n'est pas un simple système mais qui doit vivre sous la mouvance de l'Esprit, tout en étant cependant constituée comme un véritable corps organisé.

Que cette attente de la venue de l'Esprit nous fasse ainsi reconsidérer d'où nous venons à la source, à l'eau, ce que nous avons à faire, à être un corps, à vivre le don comme le symbolise le sang et puis à vivre ce que nous avons à vivre, c'est-à-dire de l'Es­prit, de l'amour, et ainsi de pouvoir vraiment témoi­gner, être martyr, être missionnaire de cette bonne nouvelle du salut.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public