AU FIL DES HOMELIES

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L’ESPRIT DE VERITÉ

1 Jn 5, 1-12 ; Jn 16, 12-15

Vendredi de la septième semaine de Pâques – B

(2 juin 2006)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

F

rères et sœurs, vous connaissez, pour l’avoir peut-être vous-mêmes formulé, ce jugement que l’on entend souvent et qui consiste à dire : si nous avions été les contemporains historiques de Jésus, nous aurions eu plus de facilité à croire. Autrement dit, on s’imagine toujours que le contact simplement de fréquentation, de convivialité avec Jésus était le véritable moyen pour lui, de se révéler à nous.

En réalité, l’évangile que nous venons d’entendre devrait nous avertir du contraire, car si l’on y réfléchit, beaucoup de monde a fréquenté Jésus, beaucoup de gens l’ont accueilli et invité à leur table les disciples eux-mêmes ont pendant plusieurs années suivi Jésus, et pourtant, on ne peut pas dire qu’au moment où il meurt sur la croix, tout le monde est vraiment convaincu d’avoir percé le secret du sens de sa vie et de sa mission. C’est même plutôt le contraire. On a l’impression que plus Jésus s’est avancé vers sa croix, moins dans l’immédiateté de la compréhension de l’approche que pouvait avoir son entourage, le sens de sa mission apparut clair. Au contraire, il s’est progressivement obscurci même jusqu’à ce que même les plus fidèles d’entre les disciples, à l’exception de Jean, se sauvent tous devant ce qu’ils ne voulaient pas voir et qu’ils considéraient comme un échec, cet échec précisément dont nous avons l’écho dans la réflexion des disciples d’Emmaüs : "nous croyions qu’il allait rétablir la royauté en Israël".

Nous ne pouvons pas prétendre à la vérité sur le Christ simplement en nous fiant à une sorte d’approche d’immédiateté, de contemporanéité, qui sous prétexte qu’on serait près de lui, nous permettraient de le connaître vraiment. En fait, Jésus lui-même l’a fort bien exprimé, puisque dans l’évangile que nous venons d’entendre, il dit à ses disciples : "L’Esprit de vérité vous introduira dans la vérité tout entière". C’est précisément cela le sens même de ce que nous célébrons et fêtons ces jours-ci. On ne peut pas entrer dans la vérité du Christ, simplement par une observation ou une description extérieure. Même si cela peut paraître choquant, je crois qu’on peut dire qu’aujourd’hui, l’Église dans son ensemble a une intelligence plus complète, plus globale du mystère du Christ, que ne pouvait l’avoir le collège des apôtres vers la fin de la vie publique de Jésus. Il a fallu effectivement que l’Esprit lui-même les fasse entrer dans la vérité de ce qu’était le Messie, de ce qu’était Jésus, de ce qu’était le Fils de Dieu, le Verbe incarné.

Saint Jean a peut-être été plus sensible que la plupart des autres disciples et des autres témoins, parce que lui-même a été conscient que le dévoilement véritable de l’identité de Jésus ne s’est pas faite sur le moment, mais qu’elle s’est faite comme par contrecoup. C’est tout le mystère de la résurrection. Saint Paul lui-même dit la même chose lorsqu’il dit que pour connaître vraiment Jésus, il faut le proclamer Seigneur. Certes, pour beaucoup de nos contemporains encore, Jésus est un grand prophète, une grande figure humanitaire, une sorte de grand réformateur de la vie religieuse et morale de l’humanité, mais ils n’ont pas reçu cet Esprit qui leur donne d’entrer dans la vérité tout entière. Si nous-mêmes, nous avons aujourd’hui à témoigner de ce que veut dire notre existence chrétienne, c’est d’abord sur cela que ça porte. Nous avons à manifester la manière même dont nous pouvons aborder le mystère de Jésus qui n’est pas d’abord une manière humaine. Si le rôle de l’Esprit Saint est si décisif dans la naissance et dans l’histoire de toute l’Église, c’est parce qu’il est le seul qui puisse nous faire entrer dans le mystère de cette connaissance et de sa plénitude.

 

AMEN

 

 

 

 
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