AU FIL DES HOMELIES

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PROMENADE AU BORD DU LAC ...

1 Tm 6, 13-16 ; Jn 21, 15-19

Mardi de la sixième semaine de Pâques – C

(22 mai 2001)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs en ces deux derniers jours qui précèdent la fête de l'Ascension, nous lisons les derniers paragraphes de l'évangile de Jean, qui ne nous racontent pas précisément l'Ascension, mais ce qui en tient lieu dans cet évangile, c'est-à-dire, non pas une séparation, non pas le départ du Christ vers un ailleurs, mais un cheminement du Christ avec ses disciples, le long du bord du Lac de Tibériade, un peu comme si cette promenade partagée était un chemin qui débouche directement dans le ciel, sans rupture. C'est la conception que Jean se fait de l'Ascension du Christ, non pas un éloignement mais une sorte d'intériorisation de sa Présence qui nous accompagne tout au long de ce chemin de pèlerinage qui lui aussi débouchera dans l'éternité de la Gloire.

Aujourd'hui c'est le personnage de Pierre qui est au centre, demain, ce sera celui de Jean. Dans un cas comme dans l'autre, ce que l'évangéliste nous fait pressentir, c'est le mystère de l'Église qui est ce temps qui va de l'Ascension au retour du Christ, l'Église qui est ce cheminement des disciples de chacun d'entre nous, comme Pierre et Jean, avec le Christ, chemine­ment dont on ne sait plus très bien s'il a lieu sur la terre ou déjà dans l'autre monde, car pour la qua­trième évangile le monde nouveau est déjà commencé au cœur de celui-ci.

Aujourd'hui, donc, Pierre. Le mystère de l'Église, du point de vue de Pierre. Deux éléments décisifs dans ce passage que nous venons d'entendre : d'abord l'Église est fondée sur le pardon. Pierre a re­nié trois fois son Seigneur, Jésus, trois fois lui de­mande : "Pierre m'aimes-tu, m'aimes-tu plus que ceux-ci, l'amour est-il présent dans ton cœur ?" C'est une manière extrêmement délicate de dire à Pierre : "Tu es pardonné," non pas un geste de bienveillance qui effacerait la faute, mais tu es pardonné parce que je remets dans ton cœur l'amour qui t'a manqué, et je te demande de le découvrir en toi et de pouvoir le proclamer, cet amour qui est le contraire du péché, qui est l'effacement même du péché. "Pierre m'aimes-tu ? - Oui Seigneur, tu sais bien que je t'aime". C'est sur ce pardon qui restaure, ressuscite et renouvelle l'amour qu'est fondée par trois fois l'Église : "Sois le pasteur de mes brebis, sois le pasteur de mes agneaux, puisque tu as connu la faute et le pardon, et la redécouverte de l'amour, tu peux conduire les au­tres sur ce chemin de péché, de pardon et de résur­rection."

Le deuxième élément, c'est "suis-moi". L'Église, nous le disions, il y a un instant, c'est une sorte de marche des disciples avec le Christ sur le bord du lac, c'est une marche de chacun d'entre nous, comme Pierre et comme Jean avec le Christ, c'est suivre le Christ, être avec Lui, avancer avec Lui, mar­cher avec Lui. C'est-à-dire, l'évangéliste le dévoile, suivre le Christ jusqu'au bout, jusqu'au genre de mort par lequel Pierre glorifierait Dieu comme Jésus avait glorifié Dieu. Sous l'image qu'utilise Jésus : "Quand tu étais jeune tu allais où tu voulais, tu mettais toi-même ta ceinture, quand tu seras devenu vieux, c'est un autre qui te ceindra, tu iras où tu ne voulais pas, tu étendras les mains, c'est le geste même du Christ sur la croix". Pierre en suivant Jésus, chacun de nous, entrons dans le mystère de sa croix, de sa mort, et donc, de sa résurrection.

Ce sont les deux facettes de l'histoire de l'Église que cette page souligne, d'une part, se savoir pécheurs, pécheurs pardonnés et ressuscités dans l'amour et par l'amour de Dieu, et d'autre part, cet amour va nous conduire à suivre Jésus pas à pas jusqu'à notre mort qui unie à la sienne, sera pour nous l'entrée dans le Royaume, marchant avec le Christ le long du lac de Tibériade.

 

 

AMEN

 

 
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