AU FIL DES HOMELIES

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LA VIE DE L'ÉGLISE

1 Tm 6, 13-16 ; Jn 21, 15-19

Mardi de la sixième semaine de Pâques – B

(15 mai 2012)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Paître le troupeau !

F

rères et sœurs, ce récit qui conclut l'évangile de Jean nous le connaissons bien. Il se compose de trois épisodes dont nous venons de lire le troisième. Le premier, c'est la pêche, Jésus dit à ses disciples qui ont peiné toute la nuit et qui n'ont rien pris de repartir et de jeter le filet, a lieu alors la pêche miraculeuse. Le deuxième épisode et celui de la reconnaissance et du repas, le signe de la pêche miraculeuse suggère aux disciples, principalement à Jean et à Pierre que celui qui est là c'est le Christ ressuscité. Le troisième épisode, c'est celui de la triple question à Pierre et de l'orientation de sa vocation. Les deux premiers s'articulent clairement, le signe et la foi. Quand Jésus a donné le signe de la pêche miraculeuse cela entraîne l'adhésion des disciples, Jean dit : "C'est le Seigneur", et Pierre entraîné par la reconnaissance de Jean se jette à l'eau pour rejoindre Jésus. C'est simple.

Le troisième épisode ne paraît pas aussi évident et aussi étroitement lié aux deux premiers. Cependant, il est assez intéressant. Quand Jésus s'est fait reconnaître comme le ressuscité, on ne peut pas en rester là. Les manifestations du Christ ressuscité sont des manifestations non seulement pour les disciples individuellement, mais elles sont des manifestations pour l'Église. Ce troisième épisode, c'est la manière dont Jésus fait comprendre aux disciples non seulement à Pierre qui est la vedette de cet épisode, mais pour tous les disciples, qu'à partir du moment où Jésus est ressuscité, ils auront à porter un témoignage. Ce troisième temps, c'est après l'attestation du miracle, la reconnaissance du signe, c'est la question de partager la foi au troupeau. C'est pour cela que Jésus interroge Pierre et lui enjoint de paître le troupeau. Comment va se passer le fait de conduire et de gérer le troupeau ? Il va se passer sur un mode qui peut nous paraître étrange, Jésus pourrait lui dire : maintenant la nouvelle de la résurrection annoncez-là à tout le monde, et ce sera paître le troupeau, mais Jésus passe par une sorte de détour, une triple question : "M'aimes-tu ?" C'est toujours le paradoxe chez saint Jean : la foi n'est véritablement l'expérience de la foi que lorsque le croyant a reconnu l'amour que Dieu a pour lui et c'est grâce à cet amour qu'il peut aimer le Seigneur ressuscité.

Jésus dit ici à Pierre : tu as reconnu le signe, tu as confessé la résurrection, maintenant, on ne peut pas s'en tenir là, il faut que tu confesses l'amour que tu as pour moi, qui ne vient pas de toi mais de moi, et que tu confesses cet amour en ayant soin du troupeau. C'est tout le mystère de l'Église. C'est le sens du ministère de l'Église n'est pas de diriger pour le plaisir de diriger, de guider pour guider, mais c'est de proclamer l'amour qu'on a pour le Christ au service de la communauté croyante pour qu'elle vive comme les brebis qui ont trouvé le bon pâturage, c'est-à-dire la présence du Christ ressuscité.

On voit ainsi à travers ces trois épisodes d'un même récit l'articulation même de la vie de l'Église. Elle est fondée sur les signes que Jésus a donné de son action, de son salut, sur la reconnaissance et l'interprétation de ces signes à travers le témoignage apostolique, et troisièmement, à travers le ministère apostolique comme amour et comme service du Christ, le fait de paître le troupeau. Dans ce petit passage qui conclut l'évangile de saint Jean, c'est tout le mystère du lien entre le Christ ressuscité, source de salut, et la manière dont ce salut va se construire et se répandre au milieu de toute l'humanité à travers l'Église et ses ministres.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 

 
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