AU FIL DES HOMELIES

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PÈRE SANCTIFIE-LES

2 Co 3,3-18 ; Jn 17, 11 b-19

(17 mai 1980)

Homélie de Serge JAUNET

C

 

ette prière du Seigneur Jésus, que nous rapporte saint Jean, cette prière que nous lisons depuis l'Ascension, nous savons trop bien que ce n'est pas nous-mêmes qui la réaliserons, que ce n'est pas nous-mêmes qui l'accomplirons. Cette unité que nous cherchons, cette joie complète que le Seigneur veut nous donner, cette garde du mauvais dans le monde, cette consécration dans sa Parole qui et la seule vérité, nous savons bien que tout cela n'est pas au bout de nos propres efforts. Il appartient à Dieu seul, à Dieu le Père d'exaucer la prière du Seigneur Jésus, et cela il le fait, dans l'Esprit Saint. C'est Esprit Saint, c'est lui qui, seul est l'Amour, qui fera de nous des hommes, des frères et des sœurs unis dans la même Église. Les fruits de l'Esprit sont la joie et la paix que le Seigneur demande pour nous. L'Esprit, il est seul, le Paraclet, le défenseur qui, dans ce monde où nous sommes, nous gardera du Mauvais. L'Esprit, c'est Lui la seule onction qui consacre, la seule onction qui nous sanctifiera comme elle a sanctifié le Christ. L'Esprit Saint est le seul qui nous conduira dans la vérité tout entière, qui nous rappellera la Parole de Jésus.

En ces jours qui nous séparent de Pentecôte, nous sommes dans ce temps de prière, d'ardente supplication pour que l'Esprit Saint, cet Esprit promis au monde, soit envoyé en plénitude encore aujourd'hui, pour qu'il accomplisse la prière de Jésus, les désirs du cœur du Seigneur. Sommes-nous entrés au cénacle, avec les apôtres et avec Marie, comme nous le rapporte les livre des Actes, après que Jésus fut apparu pour la dernière fois à ses disciples, qu'il fut enlevé à leur vue. Alors les apôtres, avec Marie, entrèrent à Jérusalem dans la ville où ils attendaient, comme Jésus le leur avait demandé, la promesse, le promis, l'Esprit Saint. Et c'est là qu'ils étaient assidus à la prière, unis ensemble dans un même cœur, comme cette icône nous le rappelle et nous le rappellera tous ces jours. Oui, les apôtres sont entrés tout peureux et craintifs, avec leurs doutes même puisque saint Matthieu nous rapporte qu'avant que Jésus les quitte, ils se prosternèrent, mais ces apôtres que le Seigneur avait quittés devaient être bien peureux, bien tremblants, bien craintifs, dans ce cénacle, avec la seule sérénité de la mère du Seigneur, celle qui déjà avait reçu l'Esprit, celle qui déjà avait été habitée par Lui, celle qui était, au milieu d'eux, l'image de ce que serait demain l'Église au jour de Pentecôte.

Oui, à chacun d'entre nous, il est demandé, en ces jours, de trouver son chemin qui le mènera vers le cénacle. A chacun d'entre nous il est demandé d'entrer avec Marie la mère du Seigneur, avec nos peurs, avec nos craintes, avec nos péchés, nos lourdeurs, peu importe. Il nous est demandé d'entrer avec nos pauvretés, dans le cénacle et d'attendre justement, au sein même de ces lourdeurs, au sein même de ces pauvretés, au sein même de ce péché qui, peut-être nous habite, d'attendre l'Esprit promis.

Dom Augustin Guilherand, prieur de la Grande Chartreuse, écrivait à ses frères, à ses fils dispersés pendant la guerre, sortis de leur solitude, des lettres admirables. Dans l'une d'elles il leur disait : "Frères, dans nos rapports avec Dieu, nous n'avons à avoir qu'une seule peur, celle d'avoir peur."

Entrons dans le cénacle avec nos peurs, nos craintes, nos pauvretés, mais n'ayons pas peur. Attendons tous, dans l'espérance, de l'Esprit promis, car, au matin de Pentecôte cet Esprit, ce vent d'Esprit, ce Feu que le Christ apporta sur la terre et qu'il désira tant voir brûler, selon sa parole, ce vent et ce feu d'Esprit ne viendra encore aujourd'hui que sur ceux qui auront su trouver le chemin de la prière, de l'attente, au creux même, au sein même de leur pauvreté.

 

AMEN

 
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