AU FIL DES HOMELIES

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QU'ILS SOIENT UN !

2 Co 3, 3-18 ; Jn 17, 20-26

Samedi de la sixième semaine du temps pascal – A

(26 mai 1990)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

A

u moment de passer de ce monde à son Père, la dernière prière de Jésus, la prière du Christ montant dans la gloire est une prière pour l'Unité, pour l'unité de l'Église, non pas une unité à échelle humaine, mais une unité qui vient de Dieu et qui est semblable qui est participation à celle de Dieu. De même que le Père et le Fils ne sont qu'un Dieu unique, malgré la distinction des personnes, parce que l'amour qui les unit et qui est l'Esprit saint est si in­tense qu'ils ne font qu'un, de la même manière, bien que nombreux, bien que répandus à la surface de la terre et dans la langueur des temps, nous avons voca­tion à ne faire plus qu'un de cette même unité, c'est-à-dire par la même force d'amour qui est l'Esprit Saint. Si nombreux que nous soyons, quelles que soient nos différences et nos divergences, l'amour a vocation parce qu'il vient de Dieu de grandir assez dans nos cœurs pour qu'un jour nous ne fassions plus qu'un.

Cette charité née dès ici-bas dans nos cœurs et qui est encore si fragile, si faible, qui nous permet à peine de nous supporter ou de prêter attention les uns aux autres, cette charité qui n'est qu'un amour nais­sant, qui n'est encore qu'une vague sympathie, doit creuser en nous, à travers toute notre vie terrestre, et vraisemblablement à travers la purification du purga­toire, car nous voyons à quel point, même dans notre vieillesse et même au moment de mourir, nous som­mes loin d'une charité unissant, d'une charité qui puisse nous souder les uns aux autres, avec la profon­deur qui existe entre le Père et le Fils, cette charité doit faire grandir en nous ce mystère si inimaginable qui doit nous faire nous aimer comme le Père aime le Fils dans l'Esprit.

C'est à cela que nous sommes appelés. C'est un programme exaltant. C'est une promesse vivi­fiante. C'est une espérance qui doit nous transporter car toute cette indifférence qui habite nos cœurs, tou­tes ces barrières qui nous séparent les uns des autres, toutes ces animosités, ces haines, tous ces manques d'intérêt qui sont en nous doivent petit à petit fondre devant la chaleur, la lumière de l'Esprit Saint. Cet Esprit, que nous allons encore une fois recevoir à la Pentecôte et que l'Église ne cesse de recevoir depuis que le Christ est retourné auprès du Père, cet Esprit qui nous anime et qui, en profondeur, nous fait vivre et nous transforme, cet Esprit est l'Esprit d'amour de Dieu et nous sommes emportés, dès maintenant, dans cet immense courant de la charité divine.

Alors ouvrons un petit plus notre cœur à l'ac­tion de cet Esprit. Nos cœurs sont des cœurs de pierre, comme le disait le prophète Ezéchiel, mais nous de­vons désirer que ces cœurs de pierre deviennent des cœurs de chair. Nous devons supplier le Seigneur de venir en nous, de nous transformer. Nous devons sans cesse implorer la miséricorde de Dieu pour que naisse en nous, grandisse en nous, devienne peu à peu triomphant en nous cet amour divin. Prions les uns pour les autres pour que l'unité de l'Église ne soit pas simplement une affaire de compromis ou de discus­sions au niveau des doctrines ou des théories, mais que cette unité soit cet amour vrai, cet amour profond, cet amour infiniment humain parce qu'infiniment di­vin qui doit peu à peu nous transformer. Prions le Seigneur pour que ceci nous soit donné un peu plus aujourd'hui qu'hier et un peu plus demain qu'aujour­d'hui.

 

AMEN

 

 

 
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