AU FIL DES HOMELIES

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 RENDRE GLOIRE À DIEU

Rm 5, 1-11 ; Jn 17, 1-11

(9 mai 1986)

Homélie du Frère Michel MORIN

Parthénon : Force éphémère

C

 

'est une des facettes du péché qui nous est dévoilée dans la lecture des textes de ce jour. "C'est le Christ qui nous a donné d'avoir accès par la foi à cette grâce en laquelle nous sommes établis" et nous devons donc, comme le dit encore Paul "nous glorifier dans l'espérance de la gloire de Dieu." Or si nous nous appuyons sur nos mérites, sur nos œuvres, à ce moment-la, nous entrons dans cette logique du péché puisque nous rapportons à nous-mêmes ce que nous devons rapporter à Dieu. Et c'est une façon de se rendre gloire à soi-même que de compter uniquement sur soi et un peu sur Dieu, dans la propre perfection de sa vie. A ce moment-là, nous accomplissons ce que saint Paul appelle "les œuvres de la Loi" et il dit un peu plus loin que "la Loi et ses œuvres sont désormais mortes."

Nous sommes donc appelés à rendre gloire à Dieu, à vivre de cette gloire de Dieu. Et saint Paul nous dit que nous en vivons déjà, mais dans l'espérance. Cette gloire de Dieu dont nous avons à vivre c'est le Christ. C'est en son nom que repose toute la plénitude de la divinité et donc de la gloire et de la présence de Dieu. Et cette gloire nous avons à la rechercher, à la désirer, à l'attendre en la présence, en la permanence, en la venue du Christ en nous.

En ces jours-ci, nous sommes invités à attendre l'Esprit Saint, c'est-à-dire à vivre dans l'espérance. Mais l'espérance est une tâche extrêmement difficile parce qu'elle nous place toujours à la jointure des choses présentes et des choses à venir, de ce que nous possédons et de ce que nous espérons. Et c'est pour cela que, dans l'espérance, il y a une sorte de contradiction, parfois une opposition à vivre, puisque nous ne pouvons pas à la fois vivre en possédant le présent et en attendant l'avenir, c'est l'un ou l'autre. La possession du présent nous fermera à l'attente du monde à venir. Et l'attente du monde à venir nous aidera à vivre les choses présentes, à être dans le monde sans pour autant être du monde.

C'est pour cela que saint Paul nous demande de cultiver en nous ces vertus de constance, de solidité, c'est-à-dire justement, ce qui résiste à cette tentation que nous avons de tout tourner vers nous-mêmes et de nous appuyer sur nous-mêmes. Nous voulons "gagner" le présent, mais en "gagnant" le présent nous risquons de manquer cette vie du monde à venir.

Et dans sa prière sacerdotale, Jésus prie le Père pour nous, "afin de nous garder du mauvais". Je vous propose en ces jours qui suivent l'Ascension et précèdent la Pentecôte, d'entrer non pas dans notre prière, car elle est très pauvre, très fragile et bien souvent tournée vers nous-mêmes et motivée par nos propres besoins (c'est d'ailleurs pour cela qu'elle est si rarement féconde et efficace), mais je vous propose de rentrer dans cette prière du Christ qui, comme nous le disons au début de la Messe, "dans la gloire du Père, ne cesse d'intercéder pour nous." C'est cette prière du Christ qui est notre soutien, qui est notre force et notre espérance. Et la prière du Christ c'est que dans toute notre vie, et surtout dans les tribulations, dans les épreuves, dans les difficultés, nous puissions "rendre gloire au Père" sans nous reposer jamais sur nous-mêmes, sur nos efforts ou sur nos propres recherches.

 

AMEN

 

 

 
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