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 L'ŒUVRE DE L'ESPRIT

Rm 5, 1-11 ; Jn 17, 1-11 c

(21 mai 2004)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

L'annonce de la Gloire

V

 

ous avez sans doute remarqué, frères, que la liturgie d'aujourd'hui qui doit nous préparer à la Pentecôte réussit une sorte de tour de force en nous proposant deux textes dans lesquels il n'est pas question du Saint Esprit. C'est effectivement un paradoxe, mais de fait, ni saint Paul dans sa considération sur la justification, ni le début de la prière sacerdotale de Jésus dans saint Jean ne parlent de l'Esprit Saint. Pourtant, on ne peut pas s'en tenir à une simple remarque de vocabulaire parce qu'en réalité, je pense que cela nous met un peu sur la piste de ce qu'on doit réfléchir et méditer dans ce temps qui nous prépare à la Pentecôte.

Justification, c'est tout le mystère que propose Paul à ses chrétiens de Rome. La justification, c'est le fait que l'entrée dans le mystère du Christ ne se fait pas par nous, mais que nous sommes justifiés dans l'Esprit comme il le dira ailleurs. Effectivement, la justification, c'est la bonne relation, la vraie relation telle que Dieu la veut entre Dieu et nous. Si le Christ en a posé les fondements, si Jésus est celui qui nous justifie, l'œuvre de la justification accomplie dans le temps et dans l'histoire, c'est l'œuvre de l'Esprit.

Cela nous renvoie évidemment au texte de saint Jean. Au moment où Jésus va mourir, Il demande la glorification. Précisément, la Gloire, dans l'Ancien Testament, au lieu d'être considérée uniquement comme une sorte de phénomène qui émane de la personne à son propre profit, est envisagée plus exactement comme le rayonnement de cette personne sur les autres. C'est exactement la manière dont Jésus propose ici le mystère de sa mort. Sa mort n'est pas une mort qui reste comme une épreuve personnellement endurée, sa Résurrection n'est pas une victoire personnellement savourée, mais mort et Résurrection, Pâques, sont œuvres de glorification, c'est-à-dire de rayonnement dans le cœur et la vie de ceux qui croient en lui.

C'est pourquoi cette prière de Jésus, prière que l'on appelle "sacerdotale", est en réalité la prière du rayonnement par la gloire de la puissance pascale de la mort et de la Résurrection de Jésus. C'est pourquoi aussi cette prière sacerdotale s'applique aussi bien au récit de la Passion qui va suivre qu'aux récits de la Résurrection qui sont dans les derniers chapitres de l'évangile de Jean.

Cette glorification, cette sorte de diffusion du mystère du Salut du Christ, c'est précisément l'Esprit qui l'assure. De telle sorte qu'on peut dire que pour saint Jean, l'œuvre propre de l'Esprit, c'est de glorifier, c'est-à-dire de rendre accessible à tous le mystère de la relation avec le Père, que nous avons en Jésus-Christ. C'est un peu le programme qui nous est proposé pour ces jours de préparation à la Pentecôte.

 

AMEN