AU FIL DES HOMELIES

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CONSACRÉS DANS LA VÉRITÉ

Rm 5, 1-11; Jn 17, 11-19
Vendredi après l'Ascension - (21 mai 1993)
Homélies du Frère Jean-François NOEL

 

D

ans l'évangile que nous venons d'entendre, il est question des hommes, de nous qui som­mes dans le monde. Il est question non seu­lement des apôtres, des disciples qui entourent le Christ et qui se préparent à son départ, et plus préci­sément au départ de la Passion avant d'être celui de son Ascension, mais il est aussi question de nous. En effet, ces hommes préfigurent ce que nous sommes aujourd'hui car non seulement le Christ annonce son départ et la descente de l'Esprit Saint, mais annonce la construction de la communauté des hommes, une communauté nouvelle, communauté d'hommes mis à part et "justifiés par la foi", pour que, par elle, l'en­semble de l'humanité soit sauvée. Et cette petite part d'humanité mise à part s'appelle l'Église.

Ces hommes et ces femmes qui entourent le Christ entendent ce discours appelé la prière sacerdo­tale parce qu'elle les institue, comme Lui, prêtre. Mais c'est aussi nous-mêmes qui, dans cette même Église, tout à l'heure nous mettrons debout pour assister à cette ouverture du ciel et recevoir de ce Ciel l'Esprit saint qui descend sur les offrandes et les transforme. Notre station debout n'est pas seulement une sorte de révérence à la majesté divine, ce qui est déjà vrai mais insuffisant, mais elle signifie aussi que nous sommes à la porte du palais, que nous sommes en attente. Et depuis le début de l'Église, les moines et tous les laïcs avec eux, en étant debout, signifient qu'ils attendent et qu'ils attendent le retour du Maître. Et à chaque fois que l'Esprit saint descend pour consacrer les offran­des, ou par le baptême consacrer un nouveau membre de l'Église, nous nous mettons debout pour signifier que nous nous mettons en marche, attendant au seuil, l'arrivée de Dieu. Nous sommes les veilleurs et les guetteurs de ce monde. Nous sommes ceux qui ne peuvent rester en place car ils entendent déjà le pas du Bien-Aimé et pressentant dans leur cœur l'arrivée de Dieu, l'annoncent comme un secret, comme une nou­velle qui va surgir en pleine nuit, l'annoncent aux hommes qui ne l'entendent encore pas.

C'est pourquoi dans la Vigile pascale nous nous sommes mis debout. Et devant nous, le cierge, debout, annonçait l'arrivée de Dieu. Et nous avons marché à sa suite pour signifier cette arrivée de Dieu. Et nous avons entendu les pas de Dieu. Cette vigile pascale résume à elle seule tout notre comportement liturgique d'Église, qui est de nous relever, de nous remettre en route, de remettre en nous l'attente de Dieu. Car nous avons à être dans le monde sans être du monde. Nous avons à être dans ce monde, "consa­crés dans la vérité" qui n'est pas de ce monde, mais qui vient de Dieu. Comme le Christ le dit Lui-même : "Je ne Te prie pas de les enlever du monde, mais de les garder du mauvais." Nous avons été placés dans ce monde comme à la proue de ce monde. Et le Christ, notre pasteur, Celui qui est venu nous rassem­bler, Celui qui est venu chercher l'humanité perdue comme la brebis égarée, rachète cette humanité et l'adresse au Père comme une offrande, en demandant de la protéger désormais jusqu'à son retour.

Et autour de cette brebis perdue et rachetée se tisse le rempart de l'Esprit Saint, le rempart de l'Église. Rempart qui n'est pas de nous protéger du monde mais de signifier que quelque chose est né dès maintenant dans ce monde et qui n'est pas de ce monde. Nous sommes consacrés à la vérité. Notre destinée est d'être de Dieu, de la vérité de Dieu. Notre raison ultime n'est pas ici mais de l'autre côté. Mais nous avons à marcher comme des hommes qui savent que leur but est de passer de l'autre côté en vivant ici-bas comme des hommes debout, comme des hommes déjà ressuscités.

Que cette Parole du Christ pénètre en nous intimement. Qu'elle nous convoque dans l'Église à une attente réelle, à une attente amoureuse. Ainsi no­tre cœur demandera au Seigneur que son Esprit saint descende sur nous et sur tous les hommes.

 

AMEN

 

 

 
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