AU FIL DES HOMELIES

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LE MOUVEMENT PASCAL

1 Co 15, 20-28 , Jn 6, 35-47

Jeudi de la troisième semaine de Pâques – B

(11 mai 2000)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

J

'aime beaucoup cette image du Christ qui vient ramasser toutes choses de ce monde, toute l'his­toire de l'humanité, chaque morceau de cette humanité, est aux yeux de Dieu, de Jésus, l'objet de cette quête, de cette pêche. Il vient chercher dans son filet qui est le mouvement de Pâques, et la maille du filet est de plus en plus petite, de plus en plus serrée, pour tirer à Lui, plus loin que Lui, pour tirer vers le Père. Le mouvement de Pâques, ce n'est pas seule­ment cette traversée à la fois silencieuse, puissante, de la mort du Fils, mais c'est un mouvement beaucoup plus large qui commence dès l'engendrement du Fils, dans le secret du Père, et qui s'achève au moment où le Fils aura tout ramené, comme on ramène à soi un filet plein de poissons, comme les apôtres l'ont si sou­vent vécu au Lac. On tire, et cet exercice demande une force, qui est la force du Christ, de l'abandon du Christ dans cette mort et qui est la force de la Résur­rection. Il y a une sorte de mouvement pascal, de même que le levain fait lever la pâte, et mystérieuse­ment dans la nuit, cette pâte gonfle de l'intérieur, prend cette dimension pleine et juteuse de vie, le Christ promet à notre vie ce même jus, cette même vie, cette même explosion, qui prend du temps. Nous sommes là comme en attente de cette résurrection, le germe est posé, mais nous attendons. Nous sommes à la fois des gens qui sont sur le quai de la gare en at­tente de ce départ de victoire, et cependant, il faut du temps. Cela prend le temps de l'histoire, mais le mouvement est inexorable, il est ineffaçable, il n'y a pas de marche arrière dans le mouvement pascal, toutes choses seront ramenées à la juste valeur de la promesse de Dieu. Ce n'est pas une promesse de constatation, mais une promesse de puissance, de vie qui déjà fait entendre son bruit de victoire dès avant la fin du monde.

Nous sommes nous, les chrétiens, comme les oreilles tendues et aux aguets de ces prémices, donc le Christ est le premier, et qui fait entendre dès à l'avance cette vie promise. En fait, nous sommes faits pour cette dimension que la Pâque dessine, nous sommes habitués à ces couloirs étroits et à cette vie désuète qui est la nôtre, mais notre vraie dimension n'est pas dans ce petit appartement qui est notre vie actuelle, mais elle est dans le plein air, dans l'air de la résurrection, du Père qui ramène à Lui tous ceux qu'Il chérit.

Frères et sœurs, dans cette image du Christ qui ramasse toutes choses, comme un enfant qui ra­masse sur le chemin des choses inutiles et en gonfle ses poches pour entrer à l'école, de même, le Christ nous ramasse et nous prépare cette résurrection qu'Il nous promet, et dans laquelle Il nous attire chaque jour davantage.

 

 

AMEN

 

 
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