AU FIL DES HOMELIES

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LA VOLONTÉ DE DIEU

1 Co 15, 35-44 ; Jn 6, 35-47

Jeudi de la troisième semaine de Pâques – C

(18 avril 2013)

Homélie du Père Thierry GALLAY

Pain de Vie

F

rères et sœurs, ce long discours qui n'est pas terminé de ce chapitre sixième de saint Jean sur le pain de vie peut nous faire découvrir la délicatesse et la pédagogie du Seigneur comme si nous n'avions pas encore véritablement saisi, entendu, reçu ou compris ne serait-ce qu'accueillir tout simplement. C'est aussi une manière d'écrire chez saint Jean que de tourner, de revenir, d'une manière ou d'une autre, selon les expressions qui lui sont propres.

Mais la première lecture peut également nous éclairer. Nous l'avons bien vu comme s'il y avait une sorte de reprise de ce que nous avons entendu pendant la nuit de Pâques sur le chapitre de la Genèse qui rapporte la création. Dans cette épître, saint Paul tente de faire maîtriser notre imagination ce qui doit être fait en définitive chaque jour par elle car elle peut être dangereuse, une imagination non maîtrisée, que nous n'avons pas à imaginer ou à nous représenter ce que pourrait être la résurrection. Du reste, personne n'a été témoin de cette résurrection, donc n'imaginons pas ce que c'est. Saint Paul a bien rappelé, peut-être à la manière de saint Augustin, que chaque chose a sa réalité propre : un corps céleste n'est pas un corps de chair et inversement, comme si chaque chose avait sa graine spécifique, c'est ce qui fait que ceci est un corps céleste n'est pas un corps de chair et inversement.

J'aimerais que nous nous arrêtions quelques instants sur ce que nous allons tout à l'heure redire ou chanter, la prière du Notre Père, parce que on le voit bien avec les enfants, les adolescents, mais aussi les adultes, la question de la volonté est primordiale. Nous l'avons entendu dans ce texte, et souvent les gens s'imaginent que la volonté de Dieu tenterait le jeu comme une sorte d'a priori contre notre propre volonté, comme s'il y avait un combat des origines entre la volonté de Dieu et la nôtre. C'est tout à fait le contraire. Nous trouvons dans ce texte comme dans bien d'autres une définition de ce qu'est la volonté de Dieu. La volonté de Dieu c'est que d'abord lui désire mais n'impose pas, que nous soyons tous réunis en son Père. Et comme il s'agit ici du grand discours du Pain de Vie, que nous soyons donc associés, incorporés et nous le sommes déjà par notre baptême, nous ne sommes pas nappés simplement par l'eau du baptême, mais nous sommes incorporés, greffés sur le cep qu'est le Christ, et nous vivons déjà de cette résurrection.

En recevant l'eucharistie, nous l'avons rappelé ces derniers jours, nous communions non pas à un corps moribond qui ne pourrait que pourrir davantage notre intérieur, mais nous communions à celui qui est ressuscité, nous vivons déjà de lui en nous qui vient poursuivre la croissance de l'être, de l'homme nouveau qui est en nous.

Voilà la volonté de Dieu, c'est comme une sorte de sculpture qui peu à peu, par l'éducation, par la pédagogie de l'Écriture, où le Seigneur d'une manière ou d'une autre, à petites doses homéopathiques, essaie de faire croître en chacun de nous l'homme nouveau. Cet homme nouveau n'est pas comme les poupées russes qui sont les unes sur les autres, revenons aussi à ce que nous dit saint Augustin, la vie même de Dieu n'est pas au-dessus de la nôtre, ou au-dessous de la nôtre, mais elle innerve la totalité de notre être pour faire passer la vie du ressuscité. Voilà ce qu'est la volonté de Dieu. Elle est comme la vie de Dieu que nous désirons de tout notre cœur. Nous ne désirons pas qu'elle soit parallèle à la nôtre, mais qu'elle soit totalement incorporée à la nôtre et cette volonté de Dieu sera une réponse d'amour de notre part, réponse d'un désir profond que notre propre volonté puisse accepter, reconnaître que le ressuscité vit en nous et qu'à chaque eucharistie, dans le don de moi-même, dans les activités de charité fraternelle, de respect de moi-même, tout cela, même si nous n'en avons pas conscience, correspond à ce qui coule en chacun de nous, c'est-à-dire la vie du ressuscité.

Une fois de plus, cette eucharistie, nous pouvons à lecture de grand chapitre sixième du Pain de Vie, nous redire les uns et les autres, que notre foi dont il est question ici c'est aussi que nous puissions croire, pas simplement avoir une orientation de notre cœur et de notre intelligence, mais d'adhérer véritablement. On en revient toujours à cette adhésion du baptême qui a fait de moi un autre Christ, et en recevant le pain du ressuscité, nous faisons croître et grandir, conserver celui qui est en chacun de nous depuis notre baptême et que l'eucharistie vient régénérer et nourrir au quotidien, pour ceux et celles qui ont la grâce de pouvoir assister le plus souvent possible à l'eucharistie durant la semaine.

 

AMEN

 

 

 
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