AU FIL DES HOMELIES

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 S'IL EST RESSUSCITÉ, NOUS RESSUSCITERONS

1 Co 15, 12-19 ; Jn 6, 35-47

(27 avril 1982)

Homélie du Frère Michel MORIN

Mycènes : tombes royales

L

es deux textes de cette liturgie sont en référence immédiate l'un à l'autre. Le premier de la première épître de saint Paul aux Corinthiens affirme que si le Christ n'est pas ressuscité, nous non plus, nous ne ressusciterons pas, car nous restons enfermés dans notre péché et dans notre mort. Et ce texte de l'évangile où le Christ annonce plusieurs fois, comme une sorte de refrain, que "celui qui croit en Lui ressuscitera au dernier jour et aura la vie éternelle." La résurrection du Christ est un événement historique, un événement de Dieu qui s'inscrit dans notre histoire humaine. Mais ce n'est pas qu'un événement historique. La résurrection du Christ ne se réduit pas à l'événementiel tel qu'il a pu être connu, tel qu'il s'est révélé, tel qu'il a été marqué dans le temps, dans la géographie de notre monde. La résurrection du Christ, c'est un mystère et c'est un mystère qui vient de Dieu, dans lequel s'inscrit notre propre destinée personnelle et communautaire et la destinée du monde et de la création tout entière.

Or, nous savons, et saint Paul l'a souvent exprimé, développé, que le Christ est chef, que le Christ est tête du corps. Or ce qu'il arrive habituellement à la tête d'un corps arrive au corps tout entier, dans la mesure où ce corps est uni et vit de ce qui se passe dans la tête. Et bien, si le Christ est ressuscité des morts, Lui qui est la tête, du corps, le corps tout entier doit également ressusciter des morts, dans la mesure, justement où il reste uni à son chef, où il reste uni à sa tête et où il vit de la pensée, de la vie, de l'influx qui prend son origine dans la tête.

C'est en cela que nous pouvons comprendre, que nous pouvons entrer dans le mystère de la résurrection personnelle et de la résurrection de chacun d'entre nous. Il ne faut pas aborder ce problème du côté de la chair et du sang, du ce côté de notre propre vision et compréhension des choses. Car le Christ l'a dit plusieurs fois, et dans cet évangile encore, tout ce qui est du domaine de la foi nous est donné, nous est révélé par le Père. Et c'est à partir de cette révélation qui nous est donnée par le Père que nous devons essayer de le comprendre, de le vivre et de le réaliser.

Le problème, la réalité, la certitude de la résurrection personnelle dans notre cœur, dans notre chair n'est pas à comprendre, d'abord, des réalités humaines physiques ou biologiques, mais il est à comprendre et à saisir, à lire, à partir de la révélation de Dieu qui est, dans son état ultime, définitif et grandiose la résurrection même du Christ. C'est pour cela que saint Paul peut dire que toute notre vie et notre mort sont déjà enfouies, sont déjà inscrites et appartiennent totalement à la Résurrection du Christ, à la vie avec Dieu. Et dans la mesure où nous recevons chaque jour, ce pain vivant qui est le corps du Christ, corps physique ressuscité, notre propre corps s'attache à la tête, notre propre vie devient de plus en plus dépendante de la tête qu'est le Christ. Et ainsi la résurrection du Christ qui s'achèvera dans notre propre résurrection, s'inscrit, se réalise et s'accomplit déjà en nous par cette osmose, par cette participation profonde que vient réaliser en nous cette communion au corps du Christ, à son corps eucharistique. Ce corps eucharistique vient tisser en nous la réalité de son corps mystique et ce corps mystique est appelé à ressusciter avec Lui, comme le corps est appelé à vivre ce que vit la tête.

C'est cette espérance-là qui nous fait vivre, parce que c'est déjà cette espérance qui s'accomplit et qui se réalise en nous, chaque fois que nous lui donnons, que nous lui permettons de venir efficacement oeuvrer en nous, par notre communion au pain de vie. Et c'est pour cela que le Christ peut d'emblée annoncer et proclamer que "Celui qui croit en moi", c'est-à-dire celui qui croit en sa résurrection, celui qui participe efficacement et sacramentellement à sa résurrection par l'eucharistie, "ressuscitera au dernier jour" car le Christ est ressuscité comme prémices de notre résurrection et nous entraîne chaque jour dans sa résurrection, jusqu'au jour où notre Pâque s'accomplira. Le Christ a dit à ses apôtres : "J'ai un grand désir de vivre cette Pâque avec vous" et nous devons, nous aussi, faire nôtre cette prière et ce désir du Christ en disant chaque jour: Seigneur, j'ai un grand désir de vivre ma Pâque avec Toi pour que ma propre résurrection s'achève dans ta résurrection, afin que là où Tu es, je puisse, selon ton désir, être aussi avec Toi.

 

AMEN

 

 

 
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