AU FIL DES HOMELIES

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LE CHRIST, PRÉMICES DE NOTRE RÉSURRECTION

1 Co 15, 35-44 ; Jn 6, 35-50

Mardi de la troisième semaine de Pâques – C

(1er mai 2001)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, vous l'avez remarqué, depuis vendredi dernier, chaque jour nous lisons pa­rallèlement le quinzième chapitre de l'épître aux Corinthiens, qui traite expressément de la Résur­rection, celle du Christ et la nôtre qui en dépend, et ce chapitre quinzième se terminera demain par cette ex­clamation : "Mort, où est ta victoire ?", et en même temps, nous lisons le chapitre sixième de l'évangile de saint Jean qu'on appelle : "Le discours sur le Pain de Vie", dans lequel Jésus, après la multiplication des pains manifeste aux juifs que la pain véritable, c'est Lui, avant d'avancer davantage dans le mystère en leur disant : "Et le pain que je vous donnerai c'est ma chair, qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle". D'un côté donc, le mystère de la résurrec­tion, le mystère de Pâques que nous ne cessons de proclamer et d'un autre côté le mystère de l'Eucharis­tie. Il ne s'agit pas cependant de deux lectures paral­lèles et simplement juxtaposées, mais l'interpénétra­tion est profonde et c'est intentionnellement que l'Église nous propose ces deux textes en même temps. Vous l'avez peut-être perçu à l'audition de la page du chapitre sixième de saint Jean que nous venons d'en­tendre, non seulement Jésus dit : "Je suis le Pain de Vie", non seulement Il dit : "Celui qui me mange a la vie éternelle. Celui qui mange ma chair ne mourra jamais" ; mais plus expressément encore Il dit : "Je suis la Pain de Vie et celui qui croit en moi, je le res­susciterai au dernier jour". Et cela revient comme une sorte de refrain jusqu'à trois fois dans la brève péricope que nous venons de lire. "Je le ressusciterai au dernier jour". Quand Jésus dit qu'Il est le Pain de Vie, Il va nous préciser que ce Pain de Vie, c'est sa chair offerte en sacrifice, que c'est son sang versé pour nous, cette chair et ce sang offerts sur la croix et qui nous sont donnés dans l'Eucharistie, c'est cela le pain de Vie, c'est cela le germe de la vie éternelle. C'est parce que nous mangeons ce pain et que nous buvons ce sang, parce que nous mangeons sous la forme du pain le Corps ressuscité du Christ, parce que nous buvons sous l'apparence du vin, le sang du Christ qui vit à jamais, c'est pour cela que naît en nous le germe de la résurrection.

Notre chair qui est encore mortelle, qui peu à peu va à sa fin, au moins apparente, notre chair est comme ensemencée par la résurrection du Christ. A force de manger le Corps ressuscité du Christ, peu à peu, ce Corps devient notre corps et sème une puis­sance, un germe de résurrection. Nous ressusciterons parce que nous avons mangé le Corps du Christ res­suscité, nous ressusciterons parce que nous avons bu le sang du Christ ressuscité. Nous ressusciterons parce que le Christ vient établir au cœur de notre corps, sa propre résurrection. C'est la puissance pres­que physique de la résurrection du Christ qui à travers l'Eucharistie établit en nous la promesse, le germe, le commencement de la résurrection.

Frères et sœurs, ne cherchons pas à savoir comment nous ressusciterons, ne cherchons pas à savoir selon quelles modalités notre corps ressusci­tera. Saint Paul nous le disait hier, c'est comme une graine, un grain de blé tout nu qu'on jette dans la terre et il en sort une plante qui apparemment n'a plus rien de commun avec ce grain et pourtant elle a jailli de ce grain de blé. Ne cherchons pas à savoir le "comment" de notre résurrection, cela fait partie du mystère, Jésus ne nous en a rien dit, et par conséquent nous ne pouvons rien en connaître. Mais par contre, soyons fermement assurés de la vérité de notre résurrection parce qu'elle est fondée dans la résurrection du Christ. "Le Christ est ressuscité, nous dit saint Paul, prémices de notre résurrection, et si nous ne ressuscitons pas le Christ non plus n'est pas ressuscité et alors nous sommes les plus malheureux de tous les hommes". Non nous ne sommes pas les plus malheureux de tous les hommes, et même si la mort est un passage difficile pour chacun d'entre nous, même s'il est difficile de vivre la mort des êtres chers, sachons qu'au-delà de toute apparence, au-delà de toute dé­monstration possible, nous savons que le Christ est notre résurrection, qu'Il est le germe, prémices en nous, que nous mangeons et que nous buvons de notre propre vie éternelle.

 

AMEN

 

 

 
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