AU FIL DES HOMELIES

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LE SENS DU SIGNE

1 Co 15; 20-28 ; Jn 6, 24-35

Mardi de la troisième semaine de Pâques – C

(20 avril 2010)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Le vrai sens du signe du pain

 

F

rères et sœurs, dans cette page d'évangile qui suit la multiplication des pains, je voudrais attirer votre attention sur un mot qui revient à deux reprises, c'est le mot "signe".

Voici ce que dit Jésus à la foule des juifs : "Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés". Que Jésus reproche-t-il aux foules par ces mots ? Ils lui courent après parce qu'ils ont été émerveillés par le miracle de la multiplication des pains, parce qu'avec cinq pains et deux poissons ont été nourris des milliers d'hommes. Ce que les juifs recherchent, c'est un miracle, une œuvre merveilleuse, quelque chose qui les comble. Vous avez mangé tout votre saoul. Mais Jésus continue : "Vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes". A ce miracle, à cette merveille, à cette saturation obtenue par la multiplication des pains, Jésus oppose le signe. Cette multiplication des pains n'est pas simplement une œuvre merveilleuse qui devrait nous enthousiasmer, c'est quelque chose qui est révélateur. Un signe, c'est un objet de connaissance qui nous permet de découvrir quelque chose d'autre à travers sa transparence. Jésus leur dit : ce pain que vous avez mangé n'est pas d'abord un pain pour rassasier votre chair, votre corps, cela signifie quelque chose d'autre. Le pain, que signifie-t-il en réalité ? Jésus va le dire ensuite : le véritable pain, c'est lui-même. "Qui mangera de ce pain vivra à jamais".

Donc, dit Jésus, les événements du salut et en particulier les miracles ne se suffisent pas à eux-mêmes comme une sorte d'ensemble de réalisations merveilleuses et étonnantes, ce qui compte, c'est le sens du signe. Il faut savoir découvrir sans la transparence de ce pain que Jésus a multiplié, le pain qu'il donnera au moment de sa Passion, ce pain qui est son corps pour la vie du monde.

A un autre moment, les juifs dans leur dialogue avec Jésus où ils essaient de le prendre en défaut, disent : "Quel signe nous montres-tu pour que nous croyons en toi ?" Ils utilisent le même mot que Jésus mais ils l'utilisent dans un autre sens. Ce qu'ils demandent là c'est une preuve, une manifestation, précisément ils demandent quelque chose qui nous impose l'acquiescement, l'accord : "Quel signe nous montres-tu ?" Ce qui est tout à fait invraisemblable de la part de ces juifs car ils vont opposer à Jésus Moïse qui a donné la manne à leurs Pères. Or, Jésus vient de multiplier les pains au désert, et ils ont cherché à le prendre pour le faire roi. Ils ont donc très bien compris que cette multiplication des pains était un signe comme je viens de vous le dire, non seulement du pain véritable qui est Jésus, mais aussi un signe qui leur révèle la puissance de Dieu.

Par conséquent nous devons lire l'évangile et les œuvres du Christ dans l'évangile pas simplement comme une série de merveilles, non pas seulement comme des preuves de sa divinité, mais comme la révélation de son mystère. Le mystère du Christ c'est qu'il va se faire pain pour nous nourrir, un pain véritable, un pain que nous mangerons. En mangeant ce pain, nous recevrons en nous la chair du Christ, et cela dépasse infiniment toutes les merveilles des multiplications de pains. C'en est le sens profond. Que nous sachions dans cette eucharistie, dans l'humilité de ce signe qu'est ce morceau de pain, que nous sachions découvrir toute la plénitude du mystère de la grâce que Jésus nous donne.

 

 

AMEN

 

 
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