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FAIM ET SOIF DE DIEU

1 Co 15, 12-19 ; Jn 6, 16-24

Mardi de la troisième semaine du temps pascal – A

(16 avril 2002)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

a foi répond à une faim que nous avons en nous. La foi n'est pas simplement une sorte de mouvement qui sortant de nous, consent et s'ouvre à Dieu, elle répond à un besoin et un désir que nous portons en nous mais qui peut trouver sur sa route, mille embûches.

"Qui vient à moi n'aura jamais faim, qui croit en moi n'aura jamais soif". Si Jésus choisit de parler de faim et de soif pour parler de la foi, c'est que ces deux termes de faim et de soif symboliquement, nous aident à comprendre ce que c'est que la foi. Il y a un appétit de Dieu qui trouve mille occasions dans la vie de se satisfaire d'autres choses que de Dieu. Mais il y a un appétit vraiment de Dieu, de la divinité. L'homme n'est pas simplement capable de Dieu, mais il a faim de Dieu, il a faim de discerner et d'entendre les pas de Dieu. Il a faim de discerner ce qui derrière signe l'origine et la fin de toutes choses. Il a faim d'entendre le frémissement de la Résurrection qui à partir des prémices qui sont la Résurrection du Christ au matin de Pâques, et qui gagne toute la création. Il a faim et il a soif de cette vérité, juste un peu cachée dans le monde.

Cette faim demande une sorte de labour, de travail, et l'outil pour faire oeuvrer cette vérité, pour la faire monter, comme l'herbe qui monte, c'est la foi. Devant les pieds de la foi de l'homme, la terre s'ouvre et fait entendre le chant de la Résurrection. C'est la foi de l'homme qui donne l'autorisation à la Résurrection de se faire entendre comme un chant qui monte au nouveau début du monde, le matin de la Résurrection, et qui dans les oreilles du Ressuscité résonne, et d'oreille en oreille, gagne l'humanité tout entière.

Reprenons l'idée et l'image du déluge, au moment où s'apaise ce déluge, que la création renaît, que les arbres fleurissent, que l'olivier verdoie, ce premier moment est égal, est repris et peut être com­pris comme celui du matin de la résurrection. A cha­que fois qu'un homme croit, c'est ce matin qui naît en lui et autour de lui. C'est pour cela que le Christ est prémices, Il est le premier commencement, et il en a besoin pour que cette Résurrection s'étende que d'au­tres cœurs soient touchés, et que ce nouveau matin naisse. Au fond, à chaque fois qu'un homme donne de lui et de sa foi, s'ouvre à cet appétit qu'il y a en lui, ce matin se renouvelle, comme dit le psaume : "Que tous les matins se renouvellent, et que la louange se fasse entendre".

Si nous ne sommes pas tout à fait certains de cette foi qui est la nôtre, nous laissons entendre et nous guettons, nous affinons nos oreilles au chant de la créature, au chant de ce monde, qui comme à l'avance prépare le chant de la recréation universelle qui touche l'humanité : les oiseaux, les poissons, tout ce qui se meut sur la terre et sous la terre et dans la mer, prépare, inaugure, et sont le prologue de ce chant de la Résurrection.

Frères et sœurs, que notre appétit de Dieu ga­gne en intensité sans que nous ayons peur de nous ouvrir à cette soif et à cette faim qui sont en nous, et que nous acceptions qu'aucune satisfaction autre que celle de Dieu, ne vienne nous combler.

 

AMEN