AU FIL DES HOMELIES

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LE PAIN DE LA ROUTE

1 Co 15, 35-44 ; Jn 6, 35-47

Mercredi de la troisième semaine après Pâques – C

(28 avril 2004)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

J

'aurais voulu attirer votre attention sur le dialo­gue entre Jésus et tous ces gens qui le cherchent. Ils posent à Jésus une question que nous nous posons tous, et en écoutant cet évangile, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à ce fameux jeune homme riche qui vient voir Jésus et en définitive, lui pose la même question : que devons-nous faire pour avoir la vie éternelle ? Et ici, que nous faut-il faire pour tra­vailler aux œuvres de Dieu ? A "ces œuvres" au plu­riel, Jésus se plaît à répondre pas un singulier : "L'œu­vre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qui l'a envoyé".

Au premier abord, on pourrait penser que cette opposition entre les œuvres et l'œuvre, nous rappelle qu'il faut d'abord croire, avant de faire, et que la pre­mière attitude du chrétien, est du côté de la foi et non pas des œuvres. On pourrait se remémorer comme cela le conflit entre les catholiques et les protestants. On pourrait aussi se plaire à se souvenir de cette op­position entre Marthe et Marie, car faut-il opposer nécessairement à la fois la contemplation et l'action ? La réponse de Jésus ne consiste pas à dire qu'il faut laisser de côté les œuvres, c'est-à-dire les actes, qu'il faudrait laisser de côté l'action pour la contemplation, mais je crois qu'Il veut dire tout simplement que la vie chrétienne, note vie spirituelle, notre lien avec Dieu, consiste à unifier ce que nous sommes. L'œuvre de Dieu, c'est de réussir à reprendre tout ce qui est épar­pillé dans notre vie, l'Adam que nous sommes, pro­fondément divisé, et comment notre œuvre à nous est d'essayer de reconstituer un être en communion avec Dieu, c'est-à-dire un être unifié.

Nous avons là aussi, la définition de la vie mo­nastique suivant saint Augustin, et cette vie monasti­que comme vous le constatez ne s'adresse pas uni­quement aux moines, mais s'adresse véritablement à tous les chrétiens. L'œuvre de Dieu, cette phrase qui revient si souvent dans la littérature monastique, elle est pour tous les chrétiens. Le baptisé est celui qui, baptisé dans la mort du Christ a, dans sa vie spiri­tuelle, par la grâce de Dieu, à reprendre tout ce qu'il est pour l'unifier et pour l'offrir à Dieu.

C'est assez beau de voir que dans cette sorte de course poursuite à laquelle nous assistons dans ces textes, Jésus qui est là, multiplie les pains, s'enfuit parce qu'il ne veut pas qu'on le fasse roi, Il traverse le lac de Galilée, il y a cette fameuse tempête, et puis, tous ces gens qui lui courent après, qui n'arrivent pas à le saisir, et je crois que tout cela nous rappelle le sens de l'eucharistie et de la communion que nous vivons tous les jours quand nous venons communier.

Là aussi je voudrais éclairer ce texte à travers le périple d'Élie qui fuit et s'en va à l'Horeb, et qui est nourri sur sa route par le pain des anges. Ce que nous avons à découvrir, c'est que le pain n'a pas pour but de nous rassasier. Le pain a pour but de nous faire conti­nuer à avancer. C'est cela que Jésus essaie de faire comprendre aux juifs. Nous aussi, dans notre démar­che de chrétien, quand nous venons communier ici, nous n'avons pas nous arrêter uniquement à notre propre satisfaction personnelle, nous n'avons pas à nous arrêter à notre propre communion avec Jésus, dans une sorte de dialogue uniquement entre Lui et moi, mais nous avons à découvrir que ce pain a pour but de m'entraîner beaucoup plus loin, c'est-à-dire à la fois dans la constitution de l'unification de mon être de chrétien, et en même temps dans la découverte des autres.

Frères et sœurs, que ce texte du discours du Pain de Vie, nous rappelle que l'essence même de la vie chrétienne est de chercher notre propre unification afin de rendre gloire à Dieu et de l'a annoncer à nos frères et sœurs.

 

 

AMEN

 

 
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