AU FIL DES HOMELIES

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EUCHARISTIE ET RÉSURRECTION

1 Co 15, 20-28 ; Jn 6, 24-35

Mercredi de la troisième semaine de Pâques – A

(13 avril 2005)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, tout au long de cette semaine du temps pascal, l'Église nous propose en parallèle, les passages successifs de deux textes essentiels pour note foi, d'une part le chapitre quinzième de la première lettre aux Corinthiens, qui manifeste notre foi en la résurrection, non seulement la résurrection du Christ, mais notre propre résurrection qui découle de celle du Christ. Comme l'a dit saint Paul : "Si les morts ne ressuscitent pas, comment le Christ serait-il ressuscité ?" Comment pourrions-nous témoigner de cette résurrection du Christ s'il n'est pas possible que les morts ressuscitent ? Notre foi serait vaine.

Et le deuxième texte que nous lisons en parallèle c'est le chapitre sixième de saint Jean, celui qui commence par la multiplication des pains et qui continue par ce discours du pain de vie de Jésus, avec la foule des juifs qui a assisté et bénéficié du miracle de la multiplication des pains, et nous venons d'entendre le début de cet entretien de Jésus sur le pain de vie.

Il est extrêmement important que nous comprenions que le fondement de notre foi sur la résurrection du Christ est inséparable de l'eucharistie. Quand nous venons communier au corps et au sang du Christ, nous recevons en nous la présence réelle, vivante du Christ. Mais nous recevons la présence du Christ qui a été immolé, qui a été offert, qui s'est livré pour nous, et nous recevons la présence réelle du Christ qui a été vainqueur de cette mort qu'il a acceptée, qui par son amour a été plus fort que la mort, et qui s'est levé vivant et source de vie. C'est ce que nous dit Jésus : dans le miracle, dit-il aux juifs, que je viens d'accomplir, vous avez vu seulement une nourriture de la terre qui est venue combler votre faim, et c'est cela qui vous a émerveillés mais vous ne savez pas lire à travers ces actes, ces gestes, ces miracles, le sens, la signification. Ce ne sont pas seulement des merveilles que j'accomplis, ce sont des gestes qui signifient, ce sont des signes, dit Jésus. Et à travers la multiplication des pains, ce que Jésus veut nous dire, c'est que le pain véritable, ce n'est pas seulement la nourriture de la terre, c'est la nourriture de la vie éternelle, c'est le pain de vie qu'il est lui-même. C'est Jésus le pain véritable qui nous est donné pour nourrir notre corps, pour nous faire vivre, et ce pain véritable, c'est la chair du Christ offerte en sacrifice, la chair du Christ ressuscité à partir de ce sacrifice. C'est dire que cette résurrection du Christ à laquelle nous sommes appelés à participer, nous la recevons par l'eucharistie. Communier au pain et au vin qui sont le corps et le sang du Christ, c'est recevoir en nous la participation à la Pâque du Christ, tout à la fois à l'offrande qu'Il a fait lui-même et à la résurrection.

L'eucharistie est en nous le germe de la résurrection. En mangeant ce pain qui est le corps du Christ notre chair devient la chair du Christ puisque l'aliment que nous mangeons devient notre propre subsistance, notre propre chair. Si nous mangeons la chair du Christ, la chair du Christ devient notre chair, elle vient transfigurer de l'intérieur notre vie tout entière, notre vie du cœur, de l'esprit, mais aussi a vie de notre corps, et elle est ainsi en nous le germe, le principe de notre propre résurrection. Nous ne venons donc pas simplement à un repas fraternel, nous ne venons pas même seulement nous approcher du Christ, nous venons de l'intérieur, être transformés dans notre être le plus profond par cette présence du Christ qui nous est donnée, pour devenir notre propre vie. "Je suis le pain de vie", dit Jésus. C'est cela la vraie nourriture. Si vous mangez ce pain, vous dépasserez toute faim, et si vous buvez mon sang, vous dépasserez toute soif. C'est dire que ce pain va nous donner la vie qui ne finira jamais, cette vie éternelle, cette vie de la résurrection, qui nous est ainsi communiquée et qui d'eucharistie en eucharistie va grandir au plus profond de nous-même, au plus profond de tout notre être, de notre cœur et de notre corps.

Pour parvenir à cette vie éternelle, à cette vie de la résurrection qui nous est promise, qui déjà nous est donnée et qui petit à petit prend possession de nous, il faut que nous entrions aujourd'hui dans la démarche du Christ, dans la totalité de la démarche du Christ qui est ressuscité parce qu'il s'est offert en sacrifice. Nous avons à donner notre vie comme le Christ nous a donné sa vie pour que nous puissions trouver la vie véritable. C'est en donnant ce que nous sommes, en nous donnant à Dieu et à nos frères, que nous pouvons découvrir la vie véritable. Jésus l'a dit ailleurs : celui qui veut jalousement garder sa vie la perdra, mais celui qui donne sa vie, celui qui accepte de donner tout ce qu'il est à Dieu et à ses frères, celui-là trouve la vie véritable qui ne prend possession de nous que quand nous nous offrons nous-mêmes avec le Christ pour tous nos frères, pour l'Église, pour le monde.

Frères et sœurs, que notre communion eucharistique soit véritablement un mystère auquel nous participons à cette profondeur, que ce ne soit pas seulement un geste fraternel, même pas seulement un geste de piété, mais que ce soit vraiment le geste de notre entrée dans le mystère du Christ pour nous donner avec lui afin de vivre éternellement avec lui.

 

 

AMEN

 

 
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