AU FIL DES HOMELIES

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L'ÉGLISE, LIEU DE TRANSFORMATION

1 Co 15, 20-28 ; Jn 6, 24-35

Mercredi de la troisième semaine de Pâques – A

(11 mai 2011)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

L'Église, une communauté ?

F

rères et sœurs, ce récit qui est bâti comme le récit de l’Exode dans le désert, ces deux exodes fonctionnent sur le même système : un malentendu. L’Exode ne consiste pas simplement pour le peuple hébreu de quitter la terre en esclavage pour arriver en terre promise, l’Exode, c’est aussi accepter de se décentrer de ce que nous attendons et de ce que nous voulons de Dieu.

« En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez non parce que nous avons vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain de tout votre saoul ». Autrement dit, c’est parce que vous trouvez un certain intérêt à me rencontrer et à me fréquenter, que vous me poursuivez jusque de l’autre côté du lac et que malheureusement ce rapport entre vous et moi qui devrait construire et cimenter une union et une communion, cela a abouti à une exclusion. Tout le suspens de la suite du discours du Pain de Vie c’est de se demander si cet autre pain qui est la Parole va aboutir ou non au même résultat. Comme la multiplication du pain a abouti à une explosion de la foule, dans tous les sens, le discours que Jésus va prononcer à la synagogue va-t-il produire le même effet ? Dans ce cas, malheureusement il va produire le même effet puisque certains vont arrêter de suivre Jésus pour d’autres raisons.

Pour poursuivre ce commentaire de ce passage avec un exemple particulier que j’ai vécu hier et mardi dernier avec des fiancés à la Baume. On pourrait transposer ce discours du Pain de Vie avec des fiancés généralement qui ne sont pas beaucoup des pratiquants, qui sont quand même plutôt loin de l’Église, que viennent-ils chercher ? Il y a ce même processus d’exode et de transformation dans le cœur de ces fiancés comme dans le cœur de ceux qui viennent écouter Jésus à la synagogue. Ces fiancés au début, viennent pour des choses très précises : ils veulent se marier à l’église, parce que le bâtiment est beau, et que malgré tout, l’église c’est important, il y a des valeurs, parce qu’on ne s’imagine pas ne pas se marier à l’église, etc … et quand on leur demande pour vous l’Église c’est : … vous y mettez ce que vous voulez, c’est intéressant de constater que généralement, l’église c’est d’abord le bâtiment. L’église, c’est d’abord un lieu dans lequel je peux rentrer à tout instant pour me confier à Dieu et lui dire ce que j’ai sur le cœur. Tout cela part de leur propre expérience extrêmement restreinte. Un fiancé nous a dit : oui, l’église c’est assez beau parce que c’est une réunion de personnes, c’est une communauté. Il a avoué que s’il a dit cela, ce n’est pas parce que c’est ce qu’il avait vécu au départ, c’est ce qu’il avait entendu mardi dernier lors de la réunion précédente. Il nous a dit : vous m’avez donné des mots sur quelque chose que je sentais mais que je n’arrivais pas à exprimer. En fait, je pense que c’est cela, cette expérience de l’exode des fiancés qui viennent pour une raison précise, qui ont un intérêt premier vis-à-vis de l’Église et de Dieu, d’abord le bâtiment, un lieu où l’on peut venir à chaque instant pour prier pour ses propres intentions, et au fur et à mesure, découvrir que l’église n’est pas simplement un lieu de consommation, mais c’est un lieu de transformation, de changement, un lieu dans lequel non seulement je peux m’appuyer sur une communauté, mais je peux même rentrer dans cette communauté.

Je crois que c’est cela l’Exode qu’Israël vit avec Moïse, et c’est cela cet Exode auquel est conviée la foule qui suit Jésus. C’est une foule qui est d’abord dispersée, parce qu’elle a ses avantages et ses désirs à suivre Jésus, et la grande question, et c’est cela la véritable épreuve, qui n’est pas uniquement du côté de la foule qui éprouve Jésus pour voir ce que ça vaut, mais c’est aussi Jésus qui par son miracle et son discours à la synagogue va éprouver cette foule pour qu’elle passe d’une foule indéterminée à une véritable communauté dont le ciment est l’acceptation de la transformation par celui qui accepte de me donner son Corps.

En fait, c’est ce que nous éprouvons quand nous venons à l’eucharistie avec nos intentions diverses et variées et qui ont du prix aux yeux de Dieu, mais à un moment donné, la question que le Christ nous donne dans cette « synagogue » que nous formons, c’est-à-dire dans ce rassemblement que nous formons, est-ce que nous acceptons non seulement de manger le Christ, mais de nous laisser transformer par ce Pain et ce Vin ?

 

AMEN

 

 

 
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