AU FIL DES HOMELIES

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LE MYSTÈRE DE LA MORT

1 Th 4, 13-14

(17 avril 2013)

Obsèques

Homélie du Père Thierry GALLAY

Fruits délectables

F

rères et sœurs, chers amis, nous avons entendu dans la première lecture tirée de la première épître de saint Paul aux Thessaloniciens que d'entrée de jeu, et l'on pourrait croire que le premier verset a été écrit hier ou cette nuit : "Je ne veux pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui s'en vont au travers du mystère de la mort". Parole peut-être réconfortante car l'ignorance hier comme aujourd'hui, existait déjà du temps de saint Paul, mais aujourd'hui nous sommes plus sensibles à cause des moyens de connaissances, ne serait-ce que par Internet ou d'autre moyens de ce genre qui se multiplient, il n'empêche que l'ignorance demeure. Le philosophe Platon rappelait que le mal ou un certain mal naît de l'ignorance.

Accueillons cette parole de saint Paul alors que nous sommes réunis autour de notre frère Élie. C'est lui qui au travers du choix que la famille a fait de ces lectures, et je les remercie d'avoir pris le temps de le faire, nous donne d'accueillir.

Si l'ignorance est un certain mal, c'est bien parce que d'une manière ou d'une autre, cette ignorance a besoin d'être comblée sur tout, et lorsqu'il s'agit de sujets aussi importants que le début de la vie qui reste toujours un mystère, ou la fin de la vie qui demeure également un mystère. Notre frère Élie que vous avez accompagné, rappelait au travers à la fois de son regard, mais aussi par tout ce qu'il a pu communiquer avec vous, combien justement il est dur de mourir et de quitter ce monde.

Cela nous amène aussi à réfléchir sur la nécessité de purifier notre vocabulaire si l'on veut trouver dans les moments difficiles de l'existence que nous traversons tous quand nous perdons un être cher, c'est de purifier le terme de "mort". La mort est un terme clinique, quelque chose vit, et tout d'un coup, cela s'arrête. Le chrétien qui n'est pas meilleur qu'un autre, loin de là, nous rappelle qu'il y a un vocabulaire spécifique, qui a une couleur chrétienne. Cette couleur prend toute sa force dans le geste liturgique qui consiste à ranimer la flamme si symbolique près de notre frère. Transformons le mort de "mort" ou remplaçons ce mot par le mot de "Pâques", puisque c'est bien cela dont il s'agit. La mort est un passage de la vie ici-bas à la Vie éternelle. Et au cœur de cet instant, Thérèse de l'Enfant Jésus au cœur de son agonie dira : "J'entre dans la vie". Elle n'a pas dit cela en puisant dans ses connaissances théologiques ou spirituelles mais parce qu'elle vivait au noble sens du terme avec la conscience qui était la sienne, ce passage.

Est-ce que la vie n'est pas une succession de passages ? Oui, le premier passage douloureux est celui de notre venue au monde, lorsque nous sortons du sein de notre mère, et puis il y a tous les passages psychologiques qui sont ceux de la petite enfance, de l'adolescence, de l'âge adulte, et tout cela, bien des parents nous rapportent combien cela est difficile et dur.

L'évangile montre aussi que cette gestation de la graine qu'il est tout à fait nécessaire qu'elle disparaisse, qu'elle meure. Mais cette disparition de la graine au travers le la terre puisqu'il faut qu'elle meure, elle ne meurt pas pour rien puisqu'elle porte en elle-même tout ce qui est nécessaire en puissance pour qu'elle devienne un cep de vigne, un arbre. Parfois, on a oublié qu'on avait semé des graines et tout d'un coup, il y a à la surface de la terre un tout petit point vert, et on se dit : parce qu'il y a eu cette disparition, parce qu'il y a eu cet enfouissement, on pourrait dire sur le plan spirituel de notre frère, si bien symbolisé par ce qui a été son métier, celui si proche de la terre, il pourrait peut-être du haut du balcon du ciel maintenant, parler mieux que je ne pourrais le faire, de ce que la terre peut apporter et nourrir au travers de la vie qui a été la sienne, au travers de la vigne, du vin et des vignobles. Dieu sait que c'est une si belle image biblique forte ou chacun et chacun d'entre nous et tout spécialement pour vous, membres de sa famille.

Mais on sait très bien aussi combien, une fois que le cep a pris toute sa force et sa vigueur, combien il est nécessaire de l'entretenir. Si nous prenons le temps d'entretenir les ceps du champ de chacune de nos vies, nous avons à entretenir aussi notre foi nous qui avons pour la plupart d'entre nous été greffés sur le seul et unique cep qu'est le Christ. C'est bien l'Écriture qui nous le rappelle et nous le redit.

Dans la longue vie qui a été la sienne, avec tous les liens familiaux, tout ce qu'il a pu donner auprès de son épouse, des enfants, des petits-enfants, de tout ce qui constitue les fruits visibles de la vigne de son propre champ de vie, aujourd'hui, en cet instant, il nous rassemble, lui qui, maintenant repose dans les bras de Dieu, dans son éternité, dans la lumière du Ressuscité. Au lendemain de Pâques où nous sommes réunis ici pour cette célébration, nous pouvons demander les uns et les autres à notre frère Élie, mais aussi à tous les défunts de chacune des familles que vous représentez, que nous n'oublions pas dans cette communion des saints qui n'aurait aucun sens si nous ne pensions pas à tous ceux et celles qui nous ont quitté, c'est cette grande vigne invisible et réelle que notre frère a augmenté de sa présence en Dieu, dans son amour avec tout ce qu'il est.

 

AMEN

 

 

 

 
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