AU FIL DES HOMELIES

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 LA MÉDIATION DU CHRIST RESSUSCITÉ

1 Co 15, 20-28 ; Jn 10, 27-30

(6 mai 2006)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Athènes : Stèle funéraire

Q

 

ue reste-t-il de la vigile pascale 2006 ? Les applaudissements sont montés vers les voûtes, et tout a continué : préparation au mariage, au baptême, enterrement, souffrance, interrogation, enfance difficile, couple en détresse. Que reste-t-il de la résurrection dans notre communauté, dans ces murs, dans votre cœur, au cœur du monde, ce monde soucieux à l’approche peut-être d’une guerre, cette France soucieuse vis-à-vis de problèmes sociaux ? Cette problématique n’est pas nouvelle. Dans le chapitre quinzième de l’épître de saint Paul apôtre aux Corinthiens, que nous avons commencé de lire, nous avons comme un mini traité de la résurrection, et déjà à cette époque, une vingtaine d’années étaient passées entre la Résurrection du Christ et le moment où saint Paul écrit aux Corinthiens. Certainement, saint Paul aurait pu leur écrire : frères et sœurs, que reste-t-il dans votre communauté de Corinthe, de cette annonce de la résurrection et des fêtes pascales ?

       Qu’est-ce que c’est que ressusciter ? certainement que cette communauté corinthienne a posé la question plusieurs fois à saint Paul, comme ces enfants en aumônerie qui me disent mais c’est quoi la résurrection ? Que leur répondre ? Pour tout vous dire, je ne sais pas ce que c’est que ressusciter ! La seule chose que je peux vous dire, c’est que ressusciter, c’est ce que le Christ  vit dans sa résurrection et que cela nous est rapporté dans les évangiles. Quelquefois je lis la déception sur le visage de ces jeunes. Il n’y a qu’une chose que je sais, c’est cela. Ce matin, je rencontrais une dame pour le baptême de son enfant, et nous avons passé en fait pratiquement toute la rencontre à discuter plutôt des différents défunts de sa famille, elle a eu plusieurs décès dans sa famille récemment, et nous avons parlé en fait du deuil, et même de l’aspect résurrection qui surgit au cœur de la célébration des funérailles. Pour une préparation au baptême d’un petit bébé c’est assez particulier, mais je crois que c’était important pour elle, elle disait : c’est quoi, ressusciter ?

        Oui, la seule chose que je peux dire, c’est ce que nous disent les évangiles. Nous venons avec nos morts, pour le dire comme ça, comment ressuscite ma grand-mère, mes grands-parents à moi ? Comment ressuscite la mère de cette femme ? je n’en sais rien ! mais ce que je peux dire c’est comment le Christ  ressuscite. Et je crois que c’est très important, parce que cela nous révèle que la question de la résurrection n’est pas simplement la question de savoir comment nous ressusciterons biologiquement, la mécanique de nos corps, est-ce que nous serons comme dit saint Thomas, sphériques, carrés, ronds, triangulaires ? Je ne sais pas. Comment serons-nous ? Je n’en sais pas grand-chose. Ce que je sais ce sont les récits du Christ ressuscité.

        Mais ce que nous dit saint Paul et ce que nous dit le Christ ressuscité, et aussi ce que nous dit l’évangile aujourd’hui, que peut-être ce qui est le plus important dans notre réflexion sur la résurrection, c’est la médiation. Qu’est-ce que la médiation ? Effectivement, je ne sais rien de la résurrection de ceux que j’aime, mais c’est le Christ mort et ressuscité  qui m’en dit quelque chose de cette résurrection de ceux que j’aime. C’est le Christ médiateur, et c’est la raison pour laquelle d’ailleurs, dans ce chapitre quinzième, saint Paul relie d’une manière aussi forte la résurrection du Christ avec notre propre résurrection. Notre résurrection n’est pas solitaire, elle n’est pas individuelle, elle est nécessairement en communion avec le Christ, la tête de l’Église et  nous qui sommes le corps de l’Église. Peut-être devrions-nous réfléchir davantage sur la résurrection comme étant la communion totale de ceux que nous aimons et qui sont maintenant en communion avec le Christ médiateur. D’accord ! mais moi, ici sur terre, comment puis-je vivre la résurrection, comment dire à ma petite fille, ta grand-mère est morte, mais où est-elle ? mais en fait, dans ce récit de saint Paul, la présence de ce Christ communion et médiateur est à chaque instant et à chaque mot. Et dans le récit de l’évangile que nous avons entendu, c’est la même chose : le Christ berger est le médiateur entre le Père et son troupeau. Je crois que là, nous avons à méditer sur ces fameuses traces de la résurrection qui apparaissent de temps en temps dans notre vie. Comment se fait la résurrection ? On n’en sait rien. Mais ce que je sais c’est que nous vivons déjà les prémices de la résurrection quand, à l’image du Christ berger, nous sommes capables nous-mêmes d’être médiateurs, de faire rencontrer notre frère et notre sœur avec le Christ ressuscité.

       Frères et sœurs, dans ce temps pascal qui continue où peut-être cette question de la Résurrection avait été mise un peu de côté, à cause de tous nos soucis, tous nos tracas et nos problèmes, méditons sur cette résurrection, sur ce Christ médiateur, et que nous sachions nous-mêmes dans notre vie, être des médiateurs, afin de faire luire sur le visage de ceux qui nous entourent, le visage du Christ ressuscité.

 

        AMEN

 

 

 

 
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