AU FIL DES HOMELIES

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 LES PRÉMICES DE LA RÉSURRECTION

1 Co 15, 50-57 ; Jn 6, 48-59

(26 avril 1996)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

Athènes : Cratère funéraire

E

 

n des catégories de langage précis qui sont un type de langage employant des mots apocalyptiques, saint Paul veut décrire une radicale transformation, c'est d'ailleurs le mot qu'il utilise, pour signifier ce qu'est la Résurrection. En somme, ce que saint Paul veut montrer, c'est qu'il y a passage d'un état à un autre. C'est pourquoi il dit : "L'être corruptible doit revêtir l'incorruptibilité." Ce passage montre bien ce qu'en régime chrétien nous avons à vivre et que nous signifions lorsque nous chantons et célébrons la Pâque du Seigneur. Celle-ci est réellement un passage d'un état à un autre, d'une réalité à une autre. Il doit y avoir une Résurrection finale, résurrection des corps qui aura lieu au moment où la trompette sonnera, cette trompette étant le signe de la présence de Dieu. La voix de la trompette manifeste les forces cosmiques en bouleversement.

       D'ores et déjà le principe de la Résurrection s'enracine et germe en nous. C'est pourquoi on peut faire un rapprochement direct avec ce que nous avons entendu dans l'évangile : "Qui mange ma chair et boit mon sang, je le ressusciterai pour la vie éternelle." La chair du Fils de Dieu et son sang, que nous recevons dans le Pain et le Vin, sont pour nous aujourd'hui le ferment de la Résurrection et manifestent ce que nous serons au jour de la Résurrection : une chair incorruptible, un sang signé par une Alliance éternelle. Il me semble que cela est important, car, comme le dit saint Paul, nous portons la grâce dans des vases d'argile. Ce sont ces vases qui sont appelés, dans l'éternité, à recevoir une grâce qui n'aura plus de limites ni de finitude. La transformation dont parle saint Paul, c'est de dire que tout ce que nous sommes et ce que nous vivons sera repris à sa racine, c'est-à-dire ne connaîtra plus de limites. A l'heure actuelle, les limites de la vie sont celles de la mort et de la souffrance.  Mort, où est ta victoire ? Aiguillon, où est-il ton dard ?" Ils n'existent plus puisque le Christ a accepté d'assumer jusqu'au bout la réalité humaine. Il reprend à sa racine ce qu'Il a fait au tout début de la Création quand, en créant par sa Parole, Il a donné à cette création de vivre en harmonie avec son action et sa Parole. La Résurrection sera donc de retrouver à travers l'origine même de ce que nous sommes cette harmonie qui existait au début de la création, quand l'homme et Dieu vivaient dans l'entente et la communion. Le péché de l'homme a détruit cela, mais le salut de Dieu s'inscrit comme la dynamique qui nous fait retrouver le regard que nous avons à porter vers Dieu qui nous fait retrouver le chemin vers le paradis céleste. Ce paradis céleste s'enracine sur notre terre par le Pain descendu du Ciel, non plus la manne qui portait encore les limites de la matérialité puisque les Juifs l'ont mangée et sont morts, mais le pain descendu du ciel, c'est-à-dire une humanité réconciliée, transformée dans l'action de salut de Dieu. C'est pourquoi chaque eucharistie nous fait passer de ce pain matériel à la Résurrection.

       La Résurrection n'est donc pas pour demain. Elle est pour aujourd'hui, dans ce que nous vivons, dans ce Pain et ce vin qui, pour nous, corps et sang du Christ, nous disent toute l'action de Dieu dans notre monde pour qu'aujourd'hui notre peuple et notre assemblée soient le peuple de Dieu dans la création nouvelle.

       AMEN

 

 

 
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