AU FIL DES HOMELIES

 APPELÉS A L'INCORRUPTIBILITÉ

1 Co 15, 50-57 ; Jn 6, 48-59

(11 avril 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Acrocorinthe

F

 

rères et sœurs, Deux textes magnifiques et qui sont pleins d'enseignements pour nous. Ce passage de l'évangile, où Jésus, après la multiplication des pains qui dit à la foule des juifs qu'il n'y a pas que le pain de la terre mais qu'il y a le pain intérieur, spirituel et qu'il est ce pain et que ce pain c'est sa chair qu'il nous donnera à manger et son sang vraiment une boisson, ce que nous vivons chaque jour, dans le sacrement de l'eucharistie.

        Le texte de saint Paul lui aussi est magnifique : "La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle ô mort, ta victoire ?" La résurrection  du Christ, principe, prémices, exemplaire de notre propre résurrection, est la victoire de la vie sur la mort, dans le Christ d'abord, dans le monde et en chacun d'entre nous.

        Je voudrais m'arrêter aux premières phrases du passage de saint Paul que nous avons lu et qui pourraient résonner de manière ambiguë dans notre esprit. Saint Paul dit : "Je l'affirme, la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu". Au premier abord, cette phrase semble nier que tout ce qui en nous est charnel, notre corps, notre sang, puisse hériter du Royaume et être sauvé. Ce serait la négation même de la résurrection de la chair, nous ne serions sauvés que dans la partie incorruptible, éternelle, vivante, notre âme, et le corps retournerait à la corruption.

       Saint Paul veut dire quelque chose d'assez différent. Il veut dire que pour que la chair, le corps, notre sang puissent hériter du Royaume de Dieu, il faut que ce corps, cette chair, ce sang, qui par nature sont périssables, voués à la corruption et même à la mort, il faut que cette partie physique, corporelle de nous-même soit transformée. C'est ce qu'il dit : "Je vais vous dire un mystère, nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés". C'est un écho de la foi dans le retour prochain du Christ qui trouverait certains déjà morts, et d'autres encore vivants. "Nous ne mourrons pas tous, mais nous serons transformés". Que nous soyons déjà morts ou encore vivants il faut qu'en nous le corps, toute cette partie sensible de notre être accède à l'immortalité, à l'incorruptibilité et pour cela, soit intérieurement transformé par la lumière, par la grâce de Dieu, par l'influence du corps ressuscité du Christ. C'est cette transformation produite d'abord en Jésus quand sa chair mise au tombeau, est sortie vivante pour toujours, non plus vivante pour un temps avant de mourir, mais vivante à jamais, la chair du Christ, c'est cela que nous avons fêté le jour de Pâques.

        Et si le Christ est ressuscité avec une chair désormais immortelle, nous aussi nous sommes appelés à ce que tout entiers, non pas seulement dans notre âme, mais aussi dans notre corps, nous soyons, nous devenions par la grâce du Christ  immortels.

       Voilà ce que dit saint Paul. Il y a donc une transformation de notre être physique, charnel et corporel, une transformation que nous pourrions appeler divinisation, car cette chair corruptible va recevoir de Dieu le privilège de la vie divine, d'être une vie inextinguible, une vie sans fin, une vie qui n'a pas de limites, notre pauvre corps sera admis à cet honneur d'entrer dans la lumière de Dieu, dans la gloire de Dieu et d'être par conséquent transformé de l'intérieur pour qu'il puisse lui aussi éternellement jouir de la résurrection.

        Frères et sœurs rendons grâces au Seigneur pour ce mystère de résurrection qui nous est difficile d'accès, qui n'est pas très compréhensible, mais qui est le centre de notre foi sans quoi, comme disait saint Paul, quelques lignes plus tôt, nous serions les plus malheureux de tous les hommes.

 

        AMEN

 

 

 

 
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