AU FIL DES HOMELIES

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NOTRE PAIN QUOTIDIEN

1 Co 15, 50-57 ; Jn 6, 48-59

Vendredi de la troisième semaine du temps pascal – C

(14 avril 1989)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

a demande quotidienne que nous faisons et qui rejoint l'évangile de ce jour, c'est pain que nous demandons pour conforter notre nature humaine. Et Jésus nous dit : "Je suis le pain vivant descendu du Ciel !" Notre nature humaine est fragile, dépendante de ce que nous recevons et il nous faut donc la nourrir, non seulement de choses matérielles mais encore plus de choses spirituelles.

Le pain quotidien que nous demandons, c'est d'abord ces choses profondément humaines que sont notre famille, notre entourage, nos proches et nos prochains, ce sourire d'un enfant, la joie de la famille, ce qui nous entoure et conforte notre vie humaine. Voilà le pain quotidien que nous demandons afin que Dieu les conserve. La joie humble et simple du jour, et la joie simple aussi de ces jours qui se succèdent, de ce temps qui se donne, et qui, à travers la beauté, révèle le Créateur, voilà ce que nous demandons.

Plus loin encore, l'autre pain quotidien, c'est déjà le pain de la paix. La paix de notre âme, de celui qui jour après jour, essaie de contempler "Celui qui donne la paix". le pain quotidien, c'est déjà le pain de notre cœur, par lequel nous pouvons nous asseoir et nous reposer un instant "en Dieu", comme en ce mo­ment.

Et puis il y a un autre pain quotidien que nous demandons encore. C'est le pain de la vérité, car il faut nous rassasier de vérité. Il nous faut agrandir, en nous, la faim de cette vérité afin que nous puissions, sans arrêt, en être des consommateurs, afin de la ré­pandre dans le monde. Car, une fois touchés par cette vérité, nous pouvons la transmettre comme des té­moins vers ceux qui, assoiffés, se tournent vers Celui qui donne cette vérité.

Ainsi la prière quotidienne du pain quotidien, de cette demande qui rejoint l'affirmation que le Christ est descendu du ciel pour rendre accessible ce qu'Il est, en son corps et son sang, cette demande quotidienne est faite pour nous signifier que nous sommes fragiles, que nous avons sans arrêt à deman­der. Souvent dans notre vie, nous confondons notre péché et notre fragilité. Nous confondons souvent ce qui nous fait tomber et notre précarité. Il y a une dif­férence et Dieu a choisi de nous faire "finis", précai­res, fragiles, pour que, dans cette fragilité, nous soyons des gens qui demandent.

Alors, à la suite de l'évangile, à la suite de l'affirmation solennelle du Christ : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang !", en recevant ce pain et ce vin qui sont le Christ qui nous rejoint parce que nous avons besoin de Lui, agrandissons en nous le désir de le boire et de le manger, afin d'être des gens affamés et assoiffés de Lui.

 

AMEN

 

 

 
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