" § 13 - Dans la conception augustinienne, l'unité de Dieu est principe de la communauté ecclésiale. La communion fraternelle en effet, n'est pas affaire de bonnes relations entre les personnes, de tolérance mutuelle ni même d'amitié humaine.

Elle est un mystère qui vient de Dieu, de « cette paix divine qui dépasse tout entendement (Ph. 4, 7) et par laquelle le Père, le Fils et l'Esprit ne sont pas trois mais un seul » (St. Aug. Lettre 238, 16.). « Si grande en effet est l'immensité d'amour qui unit les personnes divines et qui est l'Esprit Saint, si grande entre eux la paix de l'unité, que chacun est Dieu et qu'ensemble ils sont Dieu. » (St Aug. Tract. In Joh. 14, 9.)

      § 17 - Mais cette unité de l'Église, déjà inaugurée dans l'Esprit Saint, qui est maintenant à l'œuvre en elle, ne sera pleinement accomplie que dans la Sainte Jérusalem, au terme de l'histoire. Pour l'instant demeurent, même entre les Chrétiens, des dissensions ou tout au moins des divergences et des différences, même quand est sauve la charité. L'Église est déjà le Royaume et il est vrai en même temps de dire qu'elle ne l'est pas encore.
C'est pourquoi les moines s'efforcent de vivre au cœur de l'Église cette unité fraternelle en s'y consacrant plus immédiatement par une conversion plus explicite, à la manière des premiers Chrétiens.
La vie monastique est toujours une anticipation du Royaume : elle est par son essence même eschatologique. Mais tandis que les moines selon St Basile ou St Benoît sont, dans l'Église, le signe et le rappel de ce qu'elle n'est pas encore, d'après St Augustin, ils manifestent à l'Église qu'en elle le Royaume est déjà là. D'un côté la signification fondamentale du monachisme est l'attente du monde à venir, de l'autre l'épiphanie, le sacrement de ce monde à venir dans le monde présent. D'un côté, les valeurs de rupture, de l'autre, celles de communion. D'un côté le style de vie du moine est contestation du monde présent, de l'autre, il est ferment en ce monde du monde nouveau qui doit naître en lui.

       § 18 §2 - Ce ne sont pas tant les moines qui font signe aux autres membres de la communauté ecclésiale, c'est bien plutôt la communauté ecclésiale toute entière, dont les moines sont l'âme et le ferment, qui est le signe dressé devant les nations (Is. 11, 13 et Vat. II « Sacrosanctum Concilium » n°2.

       § 19 - C'est ici que se nouent, dans la conception augustinienne, la vocation monastique et apostolique. Les moines font profession de vivre dès maintenant la vie parfaite du monde nouveau et d'abord l'unique commandement nouveau de la charité fraternelle, pour que, entraînés par leur exemple, le peuple chrétien tout entier, vive cette vie nouvelle d'enfants de Dieu. Il n'y a pas seulement symbiose des moines avec les autres Chrétiens comme pour St Basile mais véritablement osmose entre les uns et les autres. C'est ce que St Augustin dit à ses fidèles à propos du monastère épiscopal : « Nous vivons ici avec vous et pour vous et notre désir est de vivre avec vous sans fin auprès du Christ. C'est pourquoi notre conduite est sous vos yeux, pour vous dire comme Paul, malgré notre indignité : « Soyez nos imitateurs comme nous le sommes du Christ  ». ». (Sermon 355, 1).

 
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