Imprimer

Comme pour tout baptisé, la dimension première et fondamentale de la vie monastique est celle de la conversion du cœur.


Comme le baptême n'est pas un événement ponctuel mais coextensif à toute la vie chrétienne, la vie du moine est une vie de conversion permanente.
Mais ce n'est pas tant un effort à faire qu'une Grâce à recevoir car la conversion de notre cœur n'est pas une œuvre que nous pourrions accomplir par nous-mêmes, elle est en nous, l'œuvre gratuite de Dieu selon la parole du prophète : « Convertis-moi Seigneur et je serai converti. » (Jér. 31, 18). Mais Dieu ne veut pas nous sauver sans nous. Il ne nous impose rien, il nous propose sa Grâce et il n'opèrera en nous la conversion de notre cœur que si nous nous ouvrons chaque jour à son agir et si nous le faisons nôtre.
     La conversion ne consiste pas tant à acquérir des vertus qu'à retourner son cœur. Ce retournement ne se fonde pas sur une vision négative du monde mais sur l'attraction qu'exerce Dieu sur notre cœur. La vie monastique n'a pas d'autre origine que le désir de Dieu, un désir passionné qui brûle « dans notre cœur comme une flamme ardente » (Jér. 29, 9).
C'est pourquoi la vie monastique ne peut faire l'objet d'aucune comparaison avec les différentes vocations des autres baptisés. Elle n'est ni meilleure ni moindre, elle est le fruit d'un appel, donc d'un amour particulier de Dieu qui, comme tout amour, ne peut ni se mesurer, ni se comparer car il est unique en son ordre et sans commune mesure.

     La deuxième note de la conversion monastique qui découle immédiatement de la première est l'humilité.